Fin de l’alerte. Pour le moment !

10 heures. La secrétaire de Madame-Hope au téléphone. « Dites-moi tout ! » Elle me rassure. Saignements marron : il ne faut pas s’inquiéter. Rouge vif : je rappelle illico et on avancera la date de l’écho. Pour le moment, direction le laboratoire pour une prise de sang bêta-HCG et progestérone. Heureusement que Lucien est en télétravail parce que je n’en mène pas large. Aller-retour express en voiture. La nana de l’accueil me dit que les résultats ne seront pas dispo avant demain et me conseille d’aller aux urgences. Mais je suis là, alors autant y rester. Et je fais bien : la dame qui me pique – exaspérée par l’incompétence de sa collègue – m’assure que les résultats seront dispo dans la journée. Elle rajoute une couche de « rassurance » quand je lui explique ma situation dans les grandes lignes. Cœur sur elle !

Je passe le reste de la journée sur mon canapé, à dormir, manger et glander. Incapable de me concentrer sur quoi que ce soit. J’ai mal en bas des abdos et je n’aime pas du tout ça.


16 heures. Je suis au téléphone avec ma boss qui me rajoute une éventuelle mission pour compléter mon temps partiel. En parallèle les RH me demandent de solder mes heures supp avant fin 2020. Normal …
Mail du labo. Mon cerveau décroche instantanément des conversations en cours.

Oh putain. C’est énorme. Ça fait plaisir.
La progestérone par contre « est un peu basse ».

Je rappelle mon traitement en cours et les quasi deux heures de trajet par jour pour le travail en demandant si un arrêt est nécessaire. Réponse sans appel :

Madame-Hope vous demande de faire 2 injections de PROGIRON par jour à 12 heures d’intervalle (et vous arrêtez les ovules). En ce qui concerne l’arrêt de travail, prenez rendez-vous avec votre médecin traitant pour le faire.

La ruine en PROGIRON ! Et ma généraliste va adorer me revoir pour faire la paperasse dont la gynéco ne veut pas s’embarrasser … Pourquoi faire simple quand on peut faire compliqué ?!

Panique à bord !

Lundi matin. Dans mon protège-slip, ma progestérone de la nuit à une couleur maronnasse qui ne me dit rien qui vaille. « Bonjour Madame-Hope. Je saigne ce matin. Que dois-je faire ? Je vous remercie pour votre aide. » Je signe en tremblant oubliant une lettre à mon prénom. Les copines me conseillent de me rendre aux urgences gynécologiques. Dans ma tête tourne en boucle « mais c’est trop tôt, on ne peut rien faire encore ». Je mets ma progestérone et je m’allonge, bien décidée à ne pas bouger en attendant la réponse de Madame-Hope. J’actualise ma boite mail comme une possédée. J’ai mal au bide putain.

Brûler les étapes !

La blague : j’ai déjà trouvé ma maternité. Je galérais avec ce choix prise de tête et trop prématuré à mon goût. Et puis finalement c’est une ex-PMette (qui m’a fait cadeau de quelques fioles de PROGIRON) qui m’a soufflé un nom que je n’avais encore jamais croisé dans mes recherches. Ça collait bien avec mon délire (je n’en suis pas encore à parler « projet de naissance » hein) alors je me renseigne. C’est bien ça que je veux. Je décroche mon téléphone. Ce premier contact se passe super bien. De la même façon que j’avais choisi REPROFIT – au feeling – j’ai choisi ma maternité. Premier rendez-vous fin novembre.

Une heure plus tard, email de Madame-Hope : rendez-vous « de contrôle échographique » le 15 octobre.

Feel free to unfollow me.

Retour au bureau le lendemain de la journée des connards et des connasses. À peine arrivée, ma N+1 me tombe dessus. Elle connait mon parcours en PMA et jusqu’à présent c’était très pratique. Mais là elle me prend le chou pendant une heure sur … tous mes dossiers à boucler avant de partir en congé maternité (et même ceux qui m’attendront à mon retour) ! Elle me bombarde de trucs à faire alors que mon cerveau est toujours perché à 3 354 UI/l. Je n’écoute même plus tellement je me sens d’un coup totalement débordée … Mais je réagis quand je comprends qu’elle est persuadée que, grâce au PROGIRON et à toutes mes hormones de compagnie, les fausses-couches sont « impossibles ». Oula non ! Du coup elle tombe un peu de son arbre. Mais elle se reprend vite et continue son monologue puisque « il n’ y a pas de raison que ça se passe mal ». Voilà voilà.

Ps : j’ai ajouté une catégorie « grossesse » à ce blog. So chelou bon d’écrire ça. So prématuré aussi.

Ps bis : je ne compte pas ouvrir un blog de grossesse. Feel free to unfollow me. 😉 Parce que je ne vais pas m’arrêter d’écrire.

30 septembre – FIV DO in process (REPROFIT)

Ça y est, on arrive à la fin de ce putain de mois de septembre de fou. 🙂 On conclue ?

21/09 (13 DPO) : 132 UI/l
23/09 (15 DPO) : 369 Ul/l
25/09 (17 DPO) : 621 Ul/l
29/09 (21 DPO) : 3 354 UI/l (big big big soulagement)

Est-ce que ça a du sens de compter des DPO encore ? Si je me fie au calcul que l’on m’a aidé à faire 😉 j’en serais au début de ma 5ème semaine d’aménorrhée … Les fameuses SA dont j’ai tant rêvé !

Prochain rendez-vous avec Madame-Hope pour l’échographie « ultime » ! Pas tout de suite à priori, mais dans les 15 jours / 3 semaines à venir.

29 septembre – FIV DO in process (REPROFIT)

Officiellement renommé « journée des connards et des connasses ».

Ma généraliste (elle-même en PMA) m’a envoyé chier. En résumé : la grossesse ce n’est pas une maladie. Mets des bas de contention (non remboursés) pour tes malaises et va bosser, t’as des chiottes au taff si tu veux gerber. Je craignais de la blesser en débarquant chez elle avec mes prises de sang positives, et finalement c’est elle qui m’assomme en se transformant en meuf aigrie qui ne peut pas encadrer les annonces de grossesse. Je peux comprendre hein, mais on est pas censé être dans un cadre professionnel là ?!

Cerise sur le gâteau : rupture de stocks du VIVELLEDOT dans toutes les pharmacies près de chez moi. Super. J’ai potentiellement un embryon dans le bide et il va falloir qu’il pige qu’on change la molécule qui construit son nid. Accroche-toi mon gars.

J’ai pleuré d’énervement et de déception. Madame-Hope va bientôt (j’espère) (si tout va bien) me renvoyer dans le « circuit normal » des gens fertiles et je n’ai aucune idée de qui va me suivre. Si j’ai un problème j’appelle qui, je vais où ? Je n’ai pas envie de prendre le premier venu et de me retrouver (encore) face à des boulets ou des connards à moitié compétents. Si quelqu’un passe par là et connait un bon gynécologue dans le 78 (côté Saint-Germain-en-Laye) je prends. 🙂

Finalement j’ai posé ma journée, puis je suis passée en mode Warrior. Ok on va la jouer comme ça, pas de souci pour le moment. Mais la première personne qui me soûle, je lui fait sauter la tête.

26 septembre – FIV DO in process (REPROFIT)

Qui a dit qu’elle ne voulait plus écrire tous les jours au fait ?! Ah ah. J’étais bien mignonne à penser que tout irait bien dans le meilleur des monde. À ce propos : parenthèse « santé mentale ». Le psychiatre m’a diminué de moitié mon antidépresseur et mon anxiolytique. Je suis désormais aux doses minimales. Si je peux stopper totalement l’anxio, c’est encore mieux. Vu comment je suis fatiguée en ce moment (les hormones ou les émotions, allez savoir), ce sera peut-être plus simple que prévu. J’ai quand même demandé : « En général la grossesse et les troubles mentaux, ça se passe bien ? » Apparemment oui. C’est surtout après l’accouchement qu’il faut faire attention. Tu m’étonnes. Prochain rendez-vous mi-novembre.


Suite à mon 621, je suis direct redescendue de mon nuage de zénitude et j’ai partagé ma flippance par mail à la seule personne 100% fiable à mes yeux sur ce sujet.

Bonjour Madame-Hope.
Je suis un peu inquiète face à ce troisième taux.
Le labo a conservé mon ordonnance. 

Une éternité plus tard #DramaQueen Un peu moins de deux heures plus tard, réponse du secrétariat (avec une ordonnance en pièce jointe) :

Madame-Hope ne s’inquiète pas.
Elle vous demande de refaire un dosage mardi prochain (2 x 48 heures).

On voit bien que c’est pas toi qui est directement concernée meuf. Okay. Bon. Entre ça et la calculette d’évolution du taux beta-hcg dont tout le monde me vante la fiabilité, on va dire que je peux me détendre jusqu’à mardi. J’ai quand même bien mérité ma pizza 4 fromages et mon pot de Ben & Jerry’s hein. 621 a intérêt a apprécié le lactose plus que mon tube digestif.


Le lendemain, mon infusion YOGI TEA® me parle (comme tous les matins depuis que j’ai arrêté le café). Ce qu’elle me raconte me fait penser : « Ah c’est le bon moment pour pisser sur ce test à 23 balles (grosse arnaque by the way : il n’y a qu’un seul test dans la boite) (et Amazon c’est Le Mal) acheté exprès pour l’occasion. » Spoiler alert : la photo qui suit est digne des plus grandes bad pregnant bitches, mais j’avais envie de conserver un souvenir.

Ps : juste après j’ai planté le test dans la boites de capsules Nespresso de Lucien. Genre : « Héhé, surprise ! » Suis pas sûre qu’il apprécie de trouver un bâton de pisse à cet endroit, mais moi je trouve ça drôle ! 🤓

25 septembre – FIV DO in process (REPROFIT)

21/09 (13 DPO) : 132 UI/l
23/09 (15 DPO) : 369 Ul/l
25/09 (17 DPO) : (x)xxx Ul/l

Vous n’imaginez pas le nombre de fois où j’ai rêvé – littéralement d’ailleurs cette nuit – de pouvoir écrire de tels chiffres.

Le plus drôle dans tout ça, c’est que je n’ai pas peur. Je suis prudente (je n’ai pas osé courir ou faire du yoga trop intense ; d’ailleurs j’ai une liste de questions idiotes sans fin à poser à Madame-Hope) mais confiante. Je n’angoisse pas au moindre tiraillement dans mon ventre (seul symptôme à l’heure actuelle) (avec la tendance à pleurer pour pas grand-chose) ou lorsque je vais au toilettes. Je pense que le fait de n’avoir jamais connu la moindre grossesse, donc pas le moindre risque de FC ou autres merdes de ce style joue énormément sur mon état d’esprit. Je sais que ces choses arrivent, mon cerveau connait tout ça. Mais je ne les ai pas vécues, et ça rend tout très différent. Ca me donne une sorte de naïveté assez agréable. Hier on m’a demandé trois mots pour qualifier comment je me sentais en ce moment. J’ai répondu : « Sereine. Optimiste. Et … un mot qui voudrait dire que je vis au jour le jour, genre carpe diem. » Bah voilà, c’est ça.


Tout ça, c’est ce que j’avais prévu d’écrire. Mais aujourd’hui le résultat de ma prise de sang est « seulement » de 621 Ul/l. Et je fais beaucoup moins la maline.

23 septembre – FIV DO in process (REPROFIT)

Hier La Poule m’a écrit : « Protège-toi, protège cette petite vie au creux de ton ventre. Ne pense pas aux autres, à ce qu’ils peuvent penser, même si c’est difficile. Pense à toi, à vous, et fais tout ce que tu penses être bon car tu auras forcément raison. » Je ne me doutais pas que ses mots trouveraient un sens très concret à peine une heure plus tard. Par la même occasion, je pense avoir aussi entraperçu comment les hormones peuvent faire vriller une meuf en un quart de seconde …


J’avais dit que j’écrirais un article par jour en septembre. J’ai fait ça avec plaisir pendant trois semaines, mais aujourd’hui je ne sais pas si j’en ai encore envie. Parce que – toute perchée que j’étais dans ma bulle de zénitude – j’ai pris en pleine face que … Bah le monde c’est pas les Bisounours quoi ! Bah oui pauvre niaise, tu croyais quoi ?! Le bonheur des uns ne réjouit pas forcément les autres. Ce que je comprends parfaitement : combien de fois ai-je eu envie de pleurer ou de hurler à l’injustice en lisant les bonnes nouvelles de celles qui débutaient une grossesse ?

Il n’empêche que ce n’est pas parce que je comprends que j’ai envie d’y faire face. Mais me dévoiler ici, c’est forcément m’exposer à « ça ». Et là tout de suite, je ne veux pas. Je préfère rester dans ma bulle zen avec mon petit secret (en croisant les doigts très fort pour qu’il s’accroche).

Bref : un article par jour c’est terminé. Mais je vous dis à très vite. 🙂

Ps : ce que je raconte là de façon un peu floue ne concerne aucunement toutes les adorables personnes qui m’ont laissé des messages ces derniers jours (ni celles qui me propose du PROGIRON gratos ; cette générosité me troue le cul touche énormément). ❤

22 septembre – FIV DO in process (REPROFIT)

J’hallucine devant la déferlante de commentaires et toutes ces lectrices habituellement en sous-marin qui pointent le bout de leur nez. Merci infiniment pour vos mots, vos émotions et pour votre soutien. ❤ Évidemment j’ai une pensée toute particulière pour celles qui ne pourront / voudront plus passer par ici. J’ai été des dizaines de fois dans votre cas depuis que je lis des blogs PMA, alors je ne peux que comprendre. Pire : je lisais souvent encore un peu, juste pour voir comment se passaient les premiers jours et les premières semaines (il y a un côté très glauque à ça, genre « est-ce que ça va foirer »). Et puis quand je constatais que tout roulait, je me désabonnais parce que ce bonheur m’était trop difficile à lire.


Hier nous étions en train de déjeuner (télétravail pour tous les deux) lorsque l’interphone à sonner. C’était un voisin qui avait un colis pour nous. Lucien est descendu le récupérer et pendant ce temps j’ai jeté un coup d’oeil à mes mails. Quand il est revenu, je lui ai dit : « J’ai les résultats. » Il s’est collé à côté de moi dans le canapé et j’ai tout fait depuis mon iPhone. Comme c’était la première fois que j’allais dans ce laboratoire, j’ai dû créer mes identifiants et compagnie. Bref : le moment le plus long du monde ! ^^ Et puis ce PDF s’est affiché, avec ces trois chiffres. Lucien a été tellement ému … Moi j’étais sous le choc, option tremblements et palpitations. Une (courte) nuit plus tard, je n’arrive d’ailleurs toujours pas vraiment à réaliser.

J’ai mailé Madame-Hope, en mode « help-j’ai-un-taux-c’est-la-première-fois-on-fait-quoi-maintenant ». La réponse ne s’est pas fait pas attendre : « Prochain contrôle sanguin dans 48h et un 3ème 48h après. Nous ferons le point vendredi en fonction de l’évolution des beta-HCG. »

Dans la journée, j’ai mis au courant ceux qui suivent de près notre parcours PMA. Évidemment ils me voient déjà tous à la maternité dans 9 mois ! Pour ma famille, on fait comme pour la seconde greffe de moelle osseuse de mon père : pour le moment ça se présente bien mais on ne s’emballe pas. « On ne s’emballe pas. » Ça va être le mot d’ordre pendant un moment je pense.


Étrangement, même si je sais le nombre incalculable de trucs qui peuvent foirer durant cette période si fragile de tout début de grossesse (« grossesse » putain, c’est ouf), je suis plutôt zen. Après le gros coup de bad before les résultats de la PDS, ma bulle de zénitude est revenue. J’ai pigé que – pour le moment – je ne pouvais pas interpréter les signes de mon corps (blindé d’hormones artificielles) donc j’allais juste lui faire confiance, à lui ainsi qu’à tous mes médicaments. La seule chose que je puisse faire, c’est la jouer « slow life » option méditation à gogo et yoga doux.


Je me pose pas mal de questions (sûrement prématurées) sur ce que je vais faire avec le boulot. Entre le Covid et les deux heures de transports en commun quotidiennes … J’ai toujours songé que je voulais la grossesse la plus « normale » possible, mais maintenant qu’il y a quelque chose de concret (et de si précieux) je ne sais plus. Connaissant Madame-Hope, ce n’est pas elle qui me conseillera d’arrêter de travailler ; elle est plutôt du genre « marche ou crève ». Il y a mon psychiatre (que je vois demain) et ma généraliste (en parcours PMA elle aussi) sur qui je peux compter. Le boulot nous fait « généreusement » bénéficier de deux jours de télétravail par semaine jusqu’à fin 2020 et je me vois mal en gratter plus. Sauf peut-être si j’apitoie la médecine du travail à grands coups de courrier de tous mes médecins.

Ps : encore un truc sans doute trop précoce mais bon … C’est quoi LE livre de base à conseiller à une meuf qui est enceinte pour la première fois de sa vie ? 🙂