Ces journées où rien ne va …

Ce cycle je n’ai eu AUCUN spotting. Je ne sais pas si c’est grâce à l’huile d’onagre (censée « soutenir » la fertilité) (dans mon cas il doit pas y avoir bien lourd à porter). Ou peut-être au SPASFON que je bouffe comme des bonbons dès que mon corps estime que j’ai trop / mal mangé. Le fait est que j’ai commencé à me faire des films à partir de +/- J24. Je saignote depuis tellement longtemps une semaine à dix jours avant les règles que je pensais : « Le jour où il n’y aura pas de spottings (en dehors de tout traitement hormonal) c’est que je serai enceinte. » Je me suis fait des films au point d’acheter un test de grossesse en pharmacie (le premier en 33 ans). Et de pisser dessus à J28. Pour au final rien du tout. Un négatif sans ambiguïté. Le lendemain J1 était là, pile à l’heure, comme d’habitude.

Ce J1 c’est aujourd’hui. J’enchaîne les journées de merde depuis ce week-end. SPM, pleine lune, reprise du taff … Le mix est pas bon Kevin. Hier j’étais physiquement tellement en vrac (fatigue, nausées, vertiges, maux de tête) que je n’ai pas pu voulu aller bosser. Aujourd’hui je suis au taff mais cette nuit je me suis bloquée le cou. J’ai l’impression de courir après le temps, tout en ne faisant rien de productif. Bref : ça ne va pas et ce n’est pas le moment de m’emmerder.

Dans trois jours je vois Madame-Hope. Peut-être que ce rendez-vous me stresse plus que je ne veux me l’avouer. Pourtant j’en connais à l’avance le contenu : on prend les mêmes et on recommence, en espérant que le Coronavirus ne viendra pas gâcher la fête cette fois. Sauf que … Bah là tout de suite j’ai juste pas envie. Pas envie d’être mise en ménopause artificielle, pas envie de retourner dans ce tourbillon médical, pas envie de devoir gérer la RT (même si c’est Lucien qui s’occupe du voyage et REPROFIT de tout le reste). Je ne m’en sens pas les épaules, je n’ai pas envie de mettre mon peu de force et d’énergie là-dedans. Je veux rester dans mon déni avec mon espoir. Parce que cette amère expérience du test de grossesse me rappelle que – une putain de fois de plus – je n’ai pas fait le deuil de cette grossesse naturelle. Je sais pourtant pertinemment que ce bébé de Lucien et moi est « inconcevable », dans tous les sens du terme. Mais je n’arrive pas à tirer une croix dessus.

Le retour de « la vie normale » …

Deux cycles naturels (seulement) depuis février 2020. Quand je verrai Madame-Hope, j’en serai au début de mon troisième. Et on bloquera tout après l’ovulation avec une grosse piqûre de DECA (la peste) ou d’ENANTONE (le choléra), pour retenter la FIV DO à l’automne.

Le temps passe trop vite. Moi je vis dans le déni : je fuis tout ce qui touche de près ou de loin à la PMA. Le mois dernier j’ai sauté sur Lucien durant chaque jour de ma période fertile, en espérant que … Et puis J1 est arrivé, comme d’habitude.

J’étais parfaitement bien dans mon cocon de confinement / télétravail. Mais tout ça c’est fini pour l’instant. Reprise du boulot à temps plein et au bureau. Rendez-vous avec Madame-Hope dans trois semaines. La vie presque normale reprend. Et je déteste ça : les masques, les transports en commun, les horaires à respecter … Ça m’angoisse.

D’habitude en juin ce sont nos vacances d’été avec Lucien. Instagram me rappelle qu’en 2019 j’avait enchainé la Tunisie et la Bretagne … Trois semaines de kiff après un don de moelle osseuse et une rechute dépressive. Mais cette année tout a été chamboulé. Tant que l’on ne connait pas encore le timing exact pour la FIV DO, on ne peut rien prévoir. Moi qui aime que tout soit planifié, je trouve ça relou. Et puis si on ajoute par-dessus un soupçon de Covid-19 imprévisible …

Bref ! Ma famille va bien. Mon père va bien. Mon couple va bien. Danette va bien. Tout ira bien.

75 jours !

C’est la durée actuelle de mon cycle (et ce n’est pas fini).

28 février : dernière injection d’ENANTONE.

12 mars : fin du monde décalage à durée indéterminée du projet FIV DO en RT. Malgré la proposition de Madame-Hope, je décide de laisser mon corps évacuer tranquilou cette me*** tout seul.

19 avril : j’ai encore des bouffées de chaleur jour et nuit. Je commence à gentiment devenir folle, alors j’envoie un mail à Madame-Hope qui me répond quatre jours trop plus tard d’aller faire une prise de sang. Elle me relance dans la soirée, et dans un super mood je lui dis que « je préfère conserver mes bouffées de chaleur que de mettre les pieds dans un laboratoire en ce moment ». Ambiance.

21 avril : la glaire cervicale is back ! J’en suis presque émue !

Une semaine plus tard, les bouffées de chaleur ne sont plus qu’un lointain souvenir. Ma libido renaît. Je suis ENFIN sortie de cette ménopause artificielle.

Après un mois de confinement en France, où en sommes-nous côté PMA ?

Bah … À l’arrêt, comme tout le monde ! Mais après m’être rappelée au bon souvenir de REPROFIT, j’ai obtenu les informations suivantes :

En République tchèque le confinement est prolongé pour l’instant jusqu’à fin Avril (le 30/4).

La clinique redémarre doucement les traitements, dès le mois de Mai nous commençons les interventions avec des patientes tchèques. Ensuite dès le mois de Juin nous allons commencer traiter aussi nos patientes d’origine européenne.

De ce point de vue, si vous voulez, je peux demander Dr. K. de vous donner une nouvelle date du traitement à partir du mois de Juin. Quelles sont vos disponibilités ? Par contre, je préfère de vous dire sincèrement que nous ne sommes pas encore sûrs à 100 % si à partir du 1er Juin les frontières de la Théquie sont reouvertes. Donc de ce point de vue je vous conseillerais à réserver une date du traitement plutôt au mois de Juillet ou de l’Août…. Ensuite on va voir d’après la situation Covid-19.

En résumé : la FIV DO ce n’est toujours pas pour demain.

La seule chose (à peu près) sûre, c’est notre rendez-vous avec Madame-Hope mi-juillet. Pas question de l’avancer pour tenter quelque chose cet été : ça a déjà été bien relou la ménopause artificielle pour finalement rien du tout, je n’ai aucune envie de reprendre ce risque. Plus d’un mois et demi après la dernière injection, je déguste encore quotidiennement les bouffées de chaleur et l’humeur aléatoire.

Donc le plan c’est d’attendre sagement mi-juillet. On avisera à ce moment et on croise les doigts pour une FIV DO avant 2021 (automne 2020 ce serait grave cool).

Le grand jour !

Demain on décolle pour la République Tchèque. J’ai tellement hâte et tellement peur.

Hein !? Quoi !? La RT a fermé ses frontières ?! Corona-quoi ?! Confinement ?! Ah d’accord. Bon en même temps avec un vol prévu le 1er avril, il fallait s’attendre à quelques blagues de l’Univers.

Comment se passe votre confinement ? Ici Lucien et moi sommes en télétravail (je bosse dans le domaine de la santé, lui dans la banque … on ne s’ennuie pas). Mon lapin vit sa meilleure vie, en liberté H24 dans l’appartement (et même la nuit maintenant). Je profite régulièrement de la possibilité du « déplacement bref, dans la limite d’une heure quotidienne et dans un rayon maximal d’un kilomètre autour du domicile, lié à l’activité physique individuelle » histoire de conserver ma santé mentale. Finalement ce confinement c’est un peu comme quand j’étais en arrêt maladie au plus profond de la dépression. Sauf que là je vais bien, ce qui est tout de même nettement mieux / différent.

En parlant de moral : de deux gélules quotidiennes de ZOLOFT, je diminue progressivement pour voir si je peux repasser à une par jour. Après le bac + 5 en PMA, j’ai maintenant un bon BTS psychiatrie qui me permet de « jouer » avec ce que j’ai déjà expérimenté. Côté anxiété – parce que faut pas se mentir : c’est quand même super anxiogène ce virus … je ne suis pas inquiète pour moi, mais j’ai des palpitations quand je pense au système immunitaire de nourrisson de mon père – je suis à un LYSANXIA max le soir donc je ne déconne pas. Il faut que j’appelle mon psychiatre pour lui dire que je ne me rendrai pas au prochain rendez-vous (celui calé après le résultat de la prise de la sang de la FIV DO) (ahahah). Je préfère éviter de prendre quatre RER, d’autant plus que les traitements chroniques sont en ce moment renouvelables avec une ordonnance expirée.

Côté PMA : ma dernière injection de ENANTONE date maintenant d’un mois, mais je profite toujours des bouffées de chaleur. J’imagine que – à cause de mon petit gabarit – j’ai le droit à du rab. On lance les paris sur la date du prochain J1 ?! Le premier qui écrit « pas avant 9 mois » / « surprise » / « bébé couette » sera banni à jamais des commentaires ! ^^

Les boules.

Dr [Madame-Hope] est contraint d’annuler votre RDV du ven 27 mar. à 12h00.

Merci Doctolib. Comme si j’avais déjà pas assez les boules comme ça. Vas-y remets-en une couche.

Vous savez combien je « connais » de nanas qui ont eu un transfert gagnant – avec de jolis taux et des minis coeurs qui battent – à peine quelques jours avant la fin du monde le confinement ? Trop. Dont une via REPROFIT en République Tchèque.

J’ai beau essayer d’être contente pour elles de me convaincre que la période n’est carrément pas la meilleure pour profiter d’une grossesse, j’ai quand même grave les boules.

« Et ça va ? Tu le vis comment ? »

C’est la question que certaines personnes m’ont posée suite aux modifications de planning.

Honnêtement ? Je vais bien. C’est presque louche. Parce qu’entre ça, le COVID-19 et le confinement, il y a aurait matière à bader un max. Mais non. J’ai parfois l’impression que les autres sont encore plus dépités que moi par le report de ma FIV DO. Perso je prends les choses avec une certaine résignation sereine. Merci le ZOLOFT.

Quand j’ai compris que tout était fini serait reporté, j’étais un peu déçue, énervée et triste … Mais aussi surtout soulagée. Tellement que je me suis posée des questions : cette grossesse et ce bébé, en avais-je vraiment envie ? (j’allais écrire « besoin », c’est drôle) Ou cette réaction était-elle juste le reflet de tout le stress que peut générer un long parcours d’infertilité et la prévision d’une FIV DO à l’étranger ?

Ma curiosité (ou bien le hasard, la chance, le destin … choisissez l’option selon vos croyances) – attisée par une amie 😉 – a fait que ce même jour je me suis retrouvée entre les mains d’une nouvelle ostéopathe sacrément perchée (je sais : « Encore !? » – bah oui, ma curiosité me perdra, ce n’est pas nouveau), tendance sorcière, chamane ou médium. Sur sa fiche Doctolib, on lit ceci : « Mon parcours avec une EMI (expérience de mort imminente : revenue avec une extra sensorialité neuronale) m’a amenée à m’intéresser à la globalité et l’harmonie du corps et de l’esprit. » Voilà voilà. Elle a « vu » des blocages dus à je ne sais quoi dans la cinquième génération de Lucien, mais a pu les résoudre à travers moi. Hum hum. Sinon de mon côté : manque de confiance et peurs diverses. Mais elle est sûre que dorénavant les choses sont débloquées et que nous pourrons procréer naturellement. Okay okay. Une part de moi a pris tout ça au quatrième degré (au moins) et une autre a envie d’y croire … Disons que c’était une énième expérience à tendance mystique !

Bref ! En résumé :

  • Je suis loin d’avoir fait le deuil du fameux « bébé couette », je ne l’ai jamais fait et je ne le ferai jamais, c’est une certitude. J’y crois, j’ai envie que ça arrive et je préférerais mille fois ce scénario à celui d’une FIV DO. Pire : je suis persuadée que cette « surprise » a toutes ses chance d’arriver d’ici notre prochain rendez-vous avec Madame-Hope en juillet.
  • J’ai profondément envie d’une famille avec Lucien mais je suis – plus ou moins consciemment – terrorisée par la possibilité que les choses tournent mal. Et il y a tellement de choses qui peuvent tourner mal, que ce soit dans le cas d’un « bébé couette » ou d’une FIV DO !

Quand à Lucien, la seule chose qui le fait chi** c’est qu’il a peur d’être bientôt trop vieux pour accueillir un bébé. « Mais là on ne peut rien y faire, c’est totalement indépendant de notre volonté. » Ce n’est pas du tout dans sa nature Bisounours d’être déprimé, il prend ça avec beaucoup de philosophie. Nous sommes sur la même longueur d’onde. D’ailleurs c’est drôle parce que la sorcière a parlé d’un truc de ce style, comme quoi maintenant nous étions « alignés ».


En parallèle je découvre que certain(e)s se posent des questions auxquelles je ne songeais même pas. Par exemple sur les donneuses / les donneurs ayant fait une ponction / un recueil durant la période du COVID-19 : seront-ils testés par les cliniques dans le bon timing afin d’éviter de réactiver le COVID-19 lors d’un futur transfert ? Y a-t-il un risque de contamination des embryons par l’équipe médicale lors des différentes manipulations ? Etc etc.

Je vous la fais courte : à ce niveau Lucien et moi on trouve que ça tourne à la psychose avons entièrement confiance en Madame-Hope et REPROFIT. Et à titre perso, je suis davantage inquiète pour les femmes actuellement enceintes et ayant chopé le COVID-19 … Mais bon. Ce n’est pas mon problème !

PDI : Pause à Durée Indéterminée

En cette semaine bien étrange, j’aurais dû commencer les patchs de VIVELLEDOT et l’ASPEGIC NOURRISSONS pour être au top lors du transfert initialement prévu le 7 avril.

Au lieu de cela j’ai reçu un appel de Madame-Hope en personne – débordée et un peu en panique – qui m’a proposé plusieurs options :

  • On continue le DECA ou l’ENANTONE, en pariant sur un optimisme demésuré éventuel et hypothétique transfert mi-mai.
  • On stoppe tout et pour cela deux choix s’offrent à moi :
      • la méthode naturelle sans aucun médoc. En gros on attend juste que les effets du DECA et de l’ENANTONE disparaissent d’eux-mêmes.
      • on met en place un mini protocole de patchs et progestérone pour me soulager au plus vite des effets secondaires de la ménopause artificielle.

Évidemment nous avions déjà réfléchi à la question avec Lucien, pas besoin de tergiverser des heures : personne ne sait quand le bordel du Coronavirus COVID-19 sera résolu, donc hors de question de s’ajouter du stress supplémentaire avec un agenda de préparation de FIV à l’étranger (dont personne ne peut prévoir la date). J’ai choisi l’option « on arrête tout de façon naturelle » (plein le c** des hormones artificielles) malgré les bouffées de chaleur qui continuent à pourrir mes nuits et les autres effets secondaires relous.

Je revois donc Madame-Hope en juillet pour une FIV DO à l’automne 2020 (si le monde ne s’est pas effondré d’ici là).