23 septembre – FIV DO in process (REPROFIT)

Hier La Poule m’a écrit : « Protège-toi, protège cette petite vie au creux de ton ventre. Ne pense pas aux autres, à ce qu’ils peuvent penser, même si c’est difficile. Pense à toi, à vous, et fais tout ce que tu penses être bon car tu auras forcément raison. » Je ne me doutais pas que ses mots trouveraient un sens très concret à peine une heure plus tard. Par la même occasion, je pense avoir aussi entraperçu comment les hormones peuvent faire vriller une meuf en un quart de seconde …


J’avais dit que j’écrirais un article par jour en septembre. J’ai fait ça avec plaisir pendant trois semaines, mais aujourd’hui je ne sais pas si j’en ai encore envie. Parce que – toute perchée que j’étais dans ma bulle de zénitude – j’ai pris en pleine face que … Bah le monde c’est pas les Bisounours quoi ! Bah oui pauvre niaise, tu croyais quoi ?! Le bonheur des uns ne réjouit pas forcément les autres. Ce que je comprends parfaitement : combien de fois ai-je eu envie de pleurer ou de hurler à l’injustice en lisant les bonnes nouvelles de celles qui débutaient une grossesse ?

Il n’empêche que ce n’est pas parce que je comprends que j’ai envie d’y faire face. Mais me dévoiler ici, c’est forcément m’exposer à « ça ». Et là tout de suite, je ne veux pas. Je préfère rester dans ma bulle zen avec mon petit secret (en croisant les doigts très fort pour qu’il s’accroche).

Bref : un article par jour c’est terminé. Mais je vous dis à très vite. 🙂

Ps : ce que je raconte là de façon un peu floue ne concerne aucunement toutes les adorables personnes qui m’ont laissé des messages ces derniers jours (ni celles qui me propose du PROGIRON gratos ; cette générosité me troue le cul touche énormément). ❤

22 septembre – FIV DO in process (REPROFIT)

J’hallucine devant la déferlante de commentaires et toutes ces lectrices habituellement en sous-marin qui pointent le bout de leur nez. Merci infiniment pour vos mots, vos émotions et pour votre soutien. ❤ Évidemment j’ai une pensée toute particulière pour celles qui ne pourront / voudront plus passer par ici. J’ai été des dizaines de fois dans votre cas depuis que je lis des blogs PMA, alors je ne peux que comprendre. Pire : je lisais souvent encore un peu, juste pour voir comment se passaient les premiers jours et les premières semaines (il y a un côté très glauque à ça, genre « est-ce que ça va foirer »). Et puis quand je constatais que tout roulait, je me désabonnais parce que ce bonheur m’était trop difficile à lire.


Hier nous étions en train de déjeuner (télétravail pour tous les deux) lorsque l’interphone à sonner. C’était un voisin qui avait un colis pour nous. Lucien est descendu le récupérer et pendant ce temps j’ai jeté un coup d’oeil à mes mails. Quand il est revenu, je lui ai dit : « J’ai les résultats. » Il s’est collé à côté de moi dans le canapé et j’ai tout fait depuis mon iPhone. Comme c’était la première fois que j’allais dans ce laboratoire, j’ai dû créer mes identifiants et compagnie. Bref : le moment le plus long du monde ! ^^ Et puis ce PDF s’est affiché, avec ces trois chiffres. Lucien a été tellement ému … Moi j’étais sous le choc, option tremblements et palpitations. Une (courte) nuit plus tard, je n’arrive d’ailleurs toujours pas vraiment à réaliser.

J’ai mailé Madame-Hope, en mode « help-j’ai-un-taux-c’est-la-première-fois-on-fait-quoi-maintenant ». La réponse ne s’est pas fait pas attendre : « Prochain contrôle sanguin dans 48h et un 3ème 48h après. Nous ferons le point vendredi en fonction de l’évolution des beta-HCG. »

Dans la journée, j’ai mis au courant ceux qui suivent de près notre parcours PMA. Évidemment ils me voient déjà tous à la maternité dans 9 mois ! Pour ma famille, on fait comme pour la seconde greffe de moelle osseuse de mon père : pour le moment ça se présente bien mais on ne s’emballe pas. « On ne s’emballe pas. » Ça va être le mot d’ordre pendant un moment je pense.


Étrangement, même si je sais le nombre incalculable de trucs qui peuvent foirer durant cette période si fragile de tout début de grossesse (« grossesse » putain, c’est ouf), je suis plutôt zen. Après le gros coup de bad before les résultats de la PDS, ma bulle de zénitude est revenue. J’ai pigé que – pour le moment – je ne pouvais pas interpréter les signes de mon corps (blindé d’hormones artificielles) donc j’allais juste lui faire confiance, à lui ainsi qu’à tous mes médicaments. La seule chose que je puisse faire, c’est la jouer « slow life » option méditation à gogo et yoga doux.


Je me pose pas mal de questions (sûrement prématurées) sur ce que je vais faire avec le boulot. Entre le Covid et les deux heures de transports en commun quotidiennes … J’ai toujours songé que je voulais la grossesse la plus « normale » possible, mais maintenant qu’il y a quelque chose de concret (et de si précieux) je ne sais plus. Connaissant Madame-Hope, ce n’est pas elle qui me conseillera d’arrêter de travailler ; elle est plutôt du genre « marche ou crève ». Il y a mon psychiatre (que je vois demain) et ma généraliste (en parcours PMA elle aussi) sur qui je peux compter. Le boulot nous fait « généreusement » bénéficier de deux jours de télétravail par semaine jusqu’à fin 2020 et je me vois mal en gratter plus. Sauf peut-être si j’apitoie la médecine du travail à grands coups de courrier de tous mes médecins.

Ps : encore un truc sans doute trop précoce mais bon … C’est quoi LE livre de base à conseiller à une meuf qui est enceinte pour la première fois de sa vie ? 🙂

21 septembre – 13 DPO (merci Carotte) – FIV DO in process (REPROFIT)

6 heures 30. Le réveil me tire brutalement du lit. Le plan : une douche puis je file au laboratoire de ma ville pour y être avant l’ouverture. Mais quelque chose ne va pas : depuis deux jours j’ai hyper chaud la nuit. C’est chez moi LE signe typique du syndrome prémenstruel. Je réalise ça en me brossant les dents, la tête encore à moitié dans le cul. Et à ce moment, je comprends que tout est déjà foutu. Je pars au labo la mort dans l’âme, certaine du résultat. Il y a sept personnes qui poireautent (sept, comme le nombre de blastos qu’il me reste en RT). Une heure plus tard je rentre chez moi, au bord des larmes. Je parle à Lucien qui essaye vainement de me rassurer : « Moi aussi j’ai eu chaud cette nuit. » Je lui réponds entre deux reniflements : « Ah ouai, tu vas avoir tes règles toi aussi ? »

J’aurai les résultats en fin de journée. C’est loin. J’avale un LYSANXIA à 8 heures 30. Je veux dormir le plus longtemps possible et me couper du monde jusqu’à ce que la sentence tombe. #DramaQueen

20 septembre – FIV DO in process (REPROFIT)

Je vois la situation sanitaire se dégrader en France (en une semaine près de plus de 50% de nouvelles hospitalisations et admissions en réanimation ; 13 000 nouveaux cas en 24 heures). Je lis les nanas du forum paniquer (à raison visiblement : www.courrierinternational.com/une/zone-rouge-la-republique-tcheque-nest-plus-epargnee-par-le-covid-19). Ça me rappelle un souvenir pas si lointain …


Par ailleurs, je discutais avec Madame-Hope la dernière fois (alors qu’elle avait sa sonde d’écho dans ma cha***) : je trouve ça aberrant de faire une FIV à l’étranger sans un suivi médical « sérieux » en France. Je vois parfois les nanas se poser des questions importantes sur leurs traitements sans aucun autre contact que la coordinatrice (qui ne répond pas forcément dans l’heure). Selon Madame-Hope c’est juste « totalement hypocrite » de la part du système de santé français d’autoriser des soins à l’étranger alors que les médecins qui acceptent de suivre ces patientes en France sont rares.


Fin du suspense : je fais la prise de sang demain (lundi matin) (au lieu de mardi comme inscrit sur l’ordonnance de Madame-Hope) (et Lucien est au courant). J’ai des sortes de mini vertiges depuis deux jours. Évidemment j’ai Googlé et suis tombée sur cette phrase hilarante : « Au début du premier trimestre, vous pouvez être prise de vertiges et avoir la nausée car votre tension est basse. En effet, la progestérone produite par votre organisme décontracte la paroi des vaisseaux sanguins et provoque une chute de votre tension artérielle. » Vu les doses de progestérone que j’avale – 4 ovules + 1 injection par jour – je me dis que si c’est « juste ça », autant arrêter le massacre tout de suite. Et puis du coup je m’interroge : je suis sous cycle substitué / artificiel, est-ce que mon éventuel embryon secrète lui-même de la progestérone ? A priori c’est normalement le rôle du corps jaune, truc qui n’existe pas / plus en FIV. Mon corps produit-il de la progestérone lui-même d’une autre façon ? Bref : je commence à psychoter donc il est temps de mettre fin à mon doux déni !

J’ai si peur. Je la sens pas du tout cette PDS.

17 septembre – FIV DO in process (REPROFIT)

Il semblerait que j’ai trouvé la recette pour ne pas péter un plomb pendant l’attente jusqu’à la prise de sang : ne pas bosser (ou au pire : télétravailler).

Mes journées se suivent et se ressemblent. J’ai l’impression d’être en vacances, ou en confinement (je fais partie de ces gens qui ont kiffé le confinement) (tant que je pouvais courir 5 kilomètres à l’aube). Je me lève généralement en même temps que Lucien, vers 7 heures. Je bois une infusion, je prends une douche puis j’enfile ma progestérone et je squatte le canapé à l’horizontale pendant le max de temps possible (avec mon ordi pour m’occuper). Quand j’en ai marre, je me bouge un peu : yin yoga, petites courses, promenade, méditation, boulot, repérage de déco … À midi je déjeune puis je fais la sieste. Au réveil de ma sieste : PROGIRON de 14 heures (même pas une semaine d’injections et le haut de mes cuisses est déjà recouvert de petits trous). Puis rebelote, je fais ma vie tranquilou jusqu’au retour de Lucien. Généralement quand il rentre il me trouve comme il m’a laissé : à l’horizontale sur le canapé à digérer mes ovules de progestérone ! ^^ Pour finir, dîner et dodo. Et ce sera comme ça jusqu’à la prise de sang lundi (ou ma reprise au bureau mercredi).

J’aimerais vous dire que je sens quelque chose de différent des autres fois, que j’ai des symptômes chelous ou quoi. Mais non, rien. Même pas un truc à Googler ! Je me sens parfaitement « normale » et comme d’habitude. Le verdict de la prise de sang m’effraie réellement. Je sais que j’ai toujours mon ZOLOFT qui me permettra de rebondir au cas où, mais quand même. Ce serait une sacrée (énième) claque dans la gueule.

J’ai déjà élaboré tous les scénarios possibles dans ma tête, ceux avec un résultat positif et ceux un résultat négatif. Si lundi c’est positif, je ne compte pas le dire tout de suite à Lucien et attendre le deuxième taux 48 heures plus tard pour lui faire la surprise. J’adore l’idée de garder mon petit secret juste pour moi pendant deux jours.

15 septembre – FIV DO in process (REPROFIT)

Hier soir j’ai jeté un oeil au suivi des embryons : ils ont finalement congelé un dernier XB. Ce qui nous fait un total de sept blastos au frais en RT ! Comment vous dire … Je n’ai pas les mots tellement c’est énorme. Quand je lui dis ça, Lucien me répond : « C’est le Picard des embryons ! » Ma soeur en rajoute une couche : « Six achetés, un offert ! » Et mon père conclue avec : « Vive les périodes de promo ! » 😀

Lucien m’a récupéré deux boites de PROGIRON (à 54€ la boite, ce qui est mieux que les 80€ de la pharmacie de ma ville) et une adorable lectrice m’en a envoyé une par la Poste. ❤ J’ai largement de quoi tenir jusqu’à la prise de sang (et j’espère devoir en racheter un paquet pour après).

Aujourd’hui je suis censée télétravailler … Je n’ai pas du tout la tête à ça. J’ai envie de méditer, regarder YouTube ou Netflix, manger, faire une sieste, penser à la déco de notre futur appart, jouer avec Danette, marcher dans la forêt, faire du yin yoga, faire des petites courses et même cuisiner ! Bref : tout sauf bosser quoi.