Le Milk Blues, ou la dépression post-allaitement / post-sevrage

[Sur vos conseils pour stopper ma lactation, j’ai cessé de tirer mon lait : on tient le bon bout puisque je ne tire plus que toutes les 48 heures environ. Comme je n’ai pas de quoi remplir un biberon, je jette mon lait. Histoire que ma tête pige bien que C’EST TERMINÉ.]

Je connaissais bien évidemment le coté « psy » du sevrage ; je l’ai vécu dès que j’ai introduit le lait artificiel. Culpabilité, tristesse, « deuil », blablabla. J’ai été très sensible sur le sujet mais c’était normal. Sauf que depuis quelques jours, c’est autre chose : un vrai ralentissement psychomoteur, du SERESTA à gogo pour ne pas avoir à vivre dormir la journée, des compulsions alimentaires énormes et puis envie de rien, zéro motivation, aucune énergie. C’est assez soudain, alors que tout allait bien.

En discutant avec Lucien, j’ai émis l’idée que l’arrêt que ma production de lait causait peut-être un remaniement hormonal qui ne me réussissait pas. Je sens déjà que mon métabolisme ne réagit plus comme ces derniers mois : il est plus lent. L’idée a fait son chemin dans ma tête, alors j’ai ouvert Google (la base). Et c’est là que j’ai découvert ce concept de « Milk Blues », avec notamment ces deux faits :
– Le sevrage entraîne une chute d’hormones, notamment d’ocytocine, l’hormone du bonheur qui permet de gérer l’anxiété.
– Par ailleurs, le sevrage est souvent synonyme de retour de couches, qui, avec les saignements abondants peut entraîner anémie et fatigue.

Je n’ai pas encore eu mes règles, mais je sens bien depuis quelques semaines qu’il se passe quelque chose à ce niveau. Ça travaille ! Ce qui me saute aux yeux, c’est surtout le coup des hormones. Ocytocine ou endorphines selon les sources – je n’ai pas trouvé de véritable étude scientifique sur le sujet – il y a visiblement une modification à ce niveau lors de l’arrêt de l’allaitement (en plus du retour des hormones responsables du cycle menstruel). Et moi je suis HYPERSENSIBLE à ce genre de merdes choses : que ce soit les substances psychotropes ou celles de la PMA, je (sur)réagis très vite.

En accord avec mon psychiatre, j’ai donc doublé ma dose de ZOLOFT : je passe de une à deux gélules par jour. Le max étant quatre, je me dis que j’ai encore un peu de marge avant d’être internée. ^^ C’est un « petit coup de boost » pour surmonter ce cap. Et j’espère que ça va vite passer, parce que j’aimerais bien kiffer mes dernières semaines avant la reprise du taff.

J’ai testé … la psychologue de la crèche !

Je n’avais aucune idée précise de son rôle, mais je me suis dit : « Lucienne, tu coules dans ta merde, prends tout ce qui est à ta portée pour rester à flot et que surtout ça n’impacte pas ton bébé. » Le lendemain de ma demande, j’avais un rendez-vous. Petite angoisse, parce que je n’ai pas vu de psychologue depuis des lustres et à chaque fois ça se passe tellement mal – comprendre : je pleure non-stop durant l’entretien – que je n’ai aucune envie d’y retourner. Le psychiatre c’est bien plus facile à gérer, car beaucoup plus factuel et médical. D’ailleurs en parlant de lui : il m’a rappelé suite à mon SOS. J’ai loupé ses premiers appels, because j’ai passé la journée au lit sous anxio (après avoir cleaner l’appart …) (Mini Lu étant à la crèche). On repart sur un ZOLOFT par jour. Pour lui il n’est pas question de dépression post-partum, mais plutôt d’un début de burn-out.

Revenons à la psychologue de crèche ! Un échange de plus d’une heure qui m’a fait du bien et qui a vite mis le doigt sur des choses qui traînent chez moi depuis … vingt ans ?! Elle m’a donné le contact d’une consœur qui propose des thérapies comportementales et cognitives (TCC), qui seraient selon elle plus appropriées à ma / mes problématique(s) qu’un suivi « classique » / psychanalytique. J’ai pris un rendez-vous, j’espère avoir le courage de m’y rendre (et d’y retourner ensuite …). Je sais qu’il y a un gros taff sur mon perfectionniste et mon besoin d’être aimée / validée. Et que ça va sans doute faire très mal de creuser par là …

Elle a aussi enfoncé quelques portes ouvertes : Mini Lu n’a pas besoin d’une mère parfaite / de manger des purées bio homemade / d’un appartement rangé / de couches de telle ou telle marque. Il a juste besoin d’une maman bien dans ses baskets. Et prendre du temps seule ne fait pas de moi une horrible personne. Mieux : le fait de verbaliser ma fatigue ou mes difficultés autorise Mini Lu à ne pas être lui-même parfait, et il parait que c’est important. Bref : si sur le papier tout cela est évident, en pratique c’est loin d’être le cas et je suis incapable de « lâcher » sur quoi que ce soit. On verra bien ce que donne la TCC (ou pas).

Ps : merci pour vos commentaires et mails suite à mon précédent article. Je n’ai pas trouvé le courage ni le temps d’y répondre, mais ça m’a fait du bien de vous lire. ❤

Burn-out maternel / Dépression post-partum

J’ai tenté de joindre mon psychiatre : il est absent jusqu’au 13 décembre, jour de mon rendez-vous. Depuis notre dernier entretien j’ai diminué mon ZOLOFT comme conseillé, puis la fatigue était telle que j’étais incapable de me souvenir si je l’avais pris la veille ou non (j’étais à une gélule tous les deux jours) alors j’ai arrêté totalement. Ça a été très progressif donc je ne pense pas que ce soit la cause de mon pétage de câble aujourd’hui. Mais voilà : trois mois sans jamais enchaîner plus de 3 heures de sommeil d’affilée (au mieux). Septembre, octobre, novembre. Décembre, je craque. D’autant plus que Mini Lu amorce sa troisième crève (vive la crèche), moi je ne suis toujours pas guérie de la précédente et je sais que l’on repart pour des journées et des nuits (encore plus) difficiles. Je ne m’en sens pas la force.

Il faut que je pose le bordel de mon cerveau quelque part en attendant de pouvoir en parler à quelqu’un. PMettes en galère, si jamais tu t’égares encore par ici, fuis maintenant ! Parce qu’il te sera sûrement insupportable de lire mes maux. On est loin du politiquement correct et de la maternité version Instagram.

Je suis épuisée. J’angoisse chaque matin à l’idée de la journée à venir, de m’occuper de Mini Lu à temps plein. Gérer le quotidien, les rendez-vous, les pleurs, les soins et son mal-être à cause de la maladie ou des poussées dentaires. Je n’ai jamais vécu de burn-out, mais j’imagine que ça doit ressembler à ce que je traverse en ce moment : je fais n’importe quoi ! Tout en même temps, donc tout à côté de la plaque. Un zombie en pilote automatique.

J’arrive enfin à poser ces mots à peu près calmement et de façon organisée, après avoir fait plus de 3 heures de sieste sous anxiolytique (Lucien s’occupait de Mini Lu, je ne suis quand même pas inconsciente). Anxio que j’ai récupéré chez mes parents, en toute illégalité. Mais avant ce court repos, j’étais vraiment en train de basculer. Littéralement. Un vrai sentiment de folie, de perdre pied. Je pète un câble. J’ai dépensé des sommes astronomiques ces derniers temps, sans aucune notion. Juste : je dépense sans regarder et quand le compte est vide je puise dans mes économies pour renflouer. Je me sens dépassée par tout et je n’arrive à lâcher prise sur rien. L’allaitement en numéro un : on a mis en place le lait artificiel pour les trois jours par semaine à la crèche, mais je continue de tirer mon lait pour remplacer chaque biberon. Du coup ce qui devait me soulager / alléger mon quotidien se transforme en une contrainte supplémentaire. Parce que je refuse de lâcher. Idem pour la diversification alimentaire, l’entretien de l’appartement, la préparation des cadeaux de Noël pour toute la famille, le frigo toujours rempli … Tout doit être parfait, encore et toujours. Je dois tout gérer. Pourtant personne ne m’impose cela. Aujourd’hui par exemple, Lucien m’a dit : « Je m’occupe de tout, tu fais ce que tu veux de ta journée. » Qu’est-ce que j’ai fait ? Je suis allée courir, mais pas pour kiffer et profiter de la forêt. J’ai couru jusqu’au centre commercial pour récupérer un cadeau de Noël pour ma soeur. Et tout est comme ça. Je suis incapable de lâcher prise.

La vérité c’est que je suis épuisée et au bout de mes forces. Je pleure sans pouvoir m’arrêter dès que j’arrête de m’agiter dans tous les sens, ou dès que je dépose Mini Lu dans d’autres mains (où j’imagine qu’il est forcément mieux qu’avec moi). Je suis fatiguée. J’ai besoin de solitude, de vide, de calme, de rien. Sans Mini Lu, sans Lucien, sans ma famille, sans ma belle-famille. Mais c’est impossible. Des moments seule et des nuits qui ne ressemblent pas à des petites siestes. Voilà ce qu’il me faudrait pour remonter la pente j’imagine.

Dans un élan de prise de conscience, j’ai viré de mes réseaux sociaux tout ce qui tourne autour de l’allaitement, la parentalité, la diversification alimentaire, etc. Je pouvais passer des heures à trainer là-dessus. Et, si ça m’a été très utile dans un premier temps, maintenant ça ne fait qu’alimenter ma culpabilité. Je dois prendre du recul et lâcher prise. Ça fait des semaines que je me répète cela et j’en suis toujours au même point. C’est même de pire en pire chaque jour. Je ne sais pas comment faire. Je suis perdue et dépassée. J’ai besoin d’aide.

Car c’est bien cela, le « burn-out », terme jusqu’à peu réservé à l’épuisement professionnel. C’est ce qui arrive lorsque des mères, à l’image de certains salariés, cherchent à atteindre cette perfection fantasmée, et y consument littéralement toute leur énergie, physique, mais aussi psychique. « La femme se retrouve confrontée à de grandes difficultés, développe Maryse Vaillant, et personne ne s’en rend compte. C’est donc à la fois un sentiment d’épuisement mais aussi de solitude et d’incompréhension. » Car plus elle cherche à tout réussir, plus tout lui échappe. Elle a alors l’impression de n’avoir plus assez de temps pour personne : ni pour elle, ni pour ses enfants, ni pour son couple. De ne pas s’en sortir. De courir en permanence. Y compris en vacances. Elle se sent incomprise, mal aidée, peu soutenue … Mais estime paradoxalement que la charge de maternage lui incombe sans partage. Elle n’arrive pas à déléguer, se retrouve forcément dans l’impasse, et en souffre. 

C’est la fatigue qui frappe en premier. Difficulté à se lever le matin, sentiment d’être vidée. Puis le quotidien devient mécanique, les gestes sont répétés machinalement, surtout ceux à l’attention des enfants. Pour essayer d’économiser ses forces, la mère prend ses distances, notamment sur le plan affectif, y compris dans son couple. Mais très vite, cet état second la ronge. Elle réalise qu’elle s’éloigne chaque jour un peu plus de ce rôle de mère parfaite qu’elle cherchait pourtant à atteindre. Elle se dénigre, se déconsidère, perd confiance.

 Control freak !

(Anglicisme) Personne qui veut tout diriger d’une façon précise.

Je n’ai pas tout de suite compris que j’étais en train de virer control freak. Enfin je l’ai toujours été, mais pas à ce point. Avec la maternité et toutes les nouvelles « fonctionnalités » associées, ça a pris des proportions hallucinantes. C’est en écoutant un podcast et en tombant sur plusieurs publications sur Instagram que j’ai compris. L’appartement toujours rangé et propre. Des repas bio et homemade pour Mini Lu. Être apprêtée quotidiennement et gaulée comme si j’avais toujours 20 ans. De bonne humeur, sociable, souriante, ponctuelle, efficace, disponible … J’aimerais dire que je grossis un peu le trait, mais même pas. Mini Lu toujours bien habillé. Passer du temps de qualité avec lui et lui faire prendre l’air tous les jours. Etc. La liste est infinie, et il est impossible de cocher toutes les cases sans s’épuiser. Si l’on ajoute à ça les nuits hachées, l’allaitement et la bronchiolite (petit bonus dont on se serait bien passé), c’est l’autoroute directe vers le burnout parental. J’en ai conscience, et pourtant je n’arrive à lâcher prise sur rien.

Ma reprise du travail est prévue pour fin février 2022. Cette fois-ci c’est définitif : j’aurai épuisé l’allocation mensuelle de 397€ de la CAF (dispo pendant six mois) (jusqu’à il y a une semaine je pensais naïvement pouvoir en bénéficier pendant trois ans) et financièrement on ne peut pas se permettre de continuer sans mon salaire. Mais c’est finalement un soulagement : s’occuper toute la journée d’un bébé, c’est largement plus fatiguant qu’un travail dans un bureau ! J’en ai discuté avec ma collègue – quel bonheur d’ailleurs de retrouver un semblant de vie sociale, ne serait-ce que par téléphone ! – qui partage pleinement cette impression. Le plan est le suivant (control freak jusqu’au bout) : ce sera à Lucien de gérer le matin (je décollerai de la maison à 7 heures) et moi le soir. Ce nouveau rythme devrait me permettre de souffler un peu, à condition évidemment que j’arrive à lâcher ce besoin de contrôle et de perfection sur tout …

Le psychiatre m’a autorisé à progressivement arrêter mon antidépresseur. J’en suis à une gélule tous les deux jours. Il a préconisé cela en prévision du retour au taff, moment où il sera peut-être nécessaire de remettre un petit coup de boost … Ça me rassure de savoir que je pourrai compter sur ça au cas où. Même si ma vie n’a plus rien à voir avec la période où la dépression m’est tombée dessus, je sais que la fatigue peut me rendre hautement vulnérable. Et cette fatigue risque de ne pas me lâcher avant quelques années ! ^^

Coucou toi !

Ou devrais-je écrire : « Coucou vous ! » Mes bonnes vieilles copines : Angoisse et Dépression ! Ça faisait un bail non ? Ah vous n’étiez pas loin ?! J’aurais dû m’en douter. Je parie que je vous ai retrouvées au cabinet dentaire ! Cool …

Je ne sais pas si c’est le contrecoup des fêtes, cette impression d’isolement que je ressens de plus en plus (avec le télétravail je ne vois personne à part Lucien et ma pote en cloque qui passe chez moi une fois par semaine) ou « juste » mes angoisses qui ont atteint un niveau que je ne peux plus faire semblant d’ignorer. Ce matin j’ai fait ce que je me retenais de faire depuis un moment : avancer mon rendez-vous chez la gynéco. Parce que ma trouille que tout se soit arrêtée en silence dans mon ventre devient ingérable. Je lis qu’on doit sentir les premiers mouvements du bébé entre 18 et 20 SA. Je sais que ce n’est qu’une généralité, et que chaque grossesse est différente. Je le sais ! Mais vous connaissez les angoisses, c’est loin d’être logique. Ça me paralyse. Je perds toute envie, je veux juste rester planquée sous ma couette. Comme si j’étais en sursis avant l’évènement inéluctable. Avant je me sortais de tout ça avec une grosse bouffe, un LYSANXIA et un bon footing. Aujourd’hui mes moyens sont plus limités. Et ce n’est visiblement pas suffisant.

Lucien n’est pas du tout impacté par mes angoisses. Il parle à mon ventre. Mais hier, devant mon état, il m’a quand même encouragé à avancer mon rendez-vous avec la gynéco. « Comme ça on aura de nouvelles photos ! » Je n’avais pas la motivation d’appeler le secrétariat pour ça, mais Doctolib proposait un créneau pour mercredi matin … Bref : dans 48 heures je serai fixée rassurée.

Ps : et bonne année hein ! ^^

2 septembre – FIV DO in process (REPROFIT)

Lucien et moi avons passé une nuit de merde. La pleine lune et / ou l’excitation par rapport à l’appartement / la RT. La fin des vacances aussi. Ce matin c’est ménage du bungalow, récupération d’une covoitureuse et direction Paris. La nana était très sympa. Je suis hyper sociable sous ZOLOFT, j’adore ces rencontres éphémères.

En parlant de ZOLOFT : j’ai bien conscience d’être surdosée en ce moment. Je le sens. C’est agréable, mais un peu too much pour être « naturel ». Durant les vacances, j’ai songé à repasser à une gélule par jour (je gère maintenant seule ce switch entre une ou deux gélules), mais Lucien m’a dit : « No way. Tu ne changes rien avant la RT. » Ok. Pas de problème, parce que c’est quand même grave cool d’être de bonne humeur / contente / motivée / sociable / souriante … même si c’est grâce à un médicament.


Dans la soirée, Lucien réserve nos vols : l’un pour Vienne et l’autre pour Prague. C’est lui qui est en charge de l’organisation des voyages ; moi je gère la communication avec REPROFIT et … mon corps (mes hormones, mes rendez-vous, etc), ce qui est amplement suffisant ! D’ailleurs je commence à entrer dans le très concret en discutant avec la coordinatrice des modalités de paiement, histoire que tout soit Ok quand Lucien y sera. Bref : ça commence à s’organiser. Mieux vaut tard que jamais ! ^^ Parce que quand je nous compare aux nanas du forum sur lequel je suis inscrite, je me dis qu’on est le couple le plus « à l’arrache » : rien de réservé à moins d’une semaine du jour J (mais quand je vois le nombre de vols annulés à la dernière minute, finalement ce n’est pas si grave) et on part chacun de notre côté (ça je crois qu’on est les seuls à le faire). Bon on prend quand même l’avion et une voiture de location (beaucoup prennent des bus entre Brno et l’aéroport ; l’une fait carrément le trajet France – RT en voiture) (j’avais soumis cette option à Lucien mais il était moyennement chaud) donc ça reste confort. Et surtout j’ai précisé à Lucien que je voulais un put*** d’hôtel (avec le WiFi) (et un room service si possible) ! Parce que je compte bien passer le plus de temps possible dans mon lit à ne rien foutre ! Aucune envie de faire du tourisme.

La meilleure ménopause artificielle de ma vie !

J’ai longtemps attendu pour publier cet article. Parce que pendant un moment je ne voulais pas y croire. Je me disais : « C’est trop tôt, pour l’instant tout va bien mais ça va merder à un moment. » Mais non. Une fois passé le coup de mou causé par MINIDRIL – et le ZOLOFT doublé, soyons honnête – cette ménopause artificielle est passée crème.

Première injection le 19 juillet (en intramusculaire lors d’un apéro avec ma belle-sœur infirmière), seconde le 10 août (en sous-cutanée à la maison). Je commence les patchs d’oestradiol le 25 août donc on peut dire qu’on tient le bon bout et que la fin de ce blocage ovarien est proche.

Et … tout se passe bien ! Pas de bouffée de chaleur, un moral qui tient la route, pas spécialement de fatigue. À part une libido inexistante (mais ça ne me cause aucun souci ; Lucien ne vous dira peut-être pas la même chose ahah) je me sens bien. 🙂

IMG_9722

Le secret ? PAS DE DECAPEPTYL. C’est ma première ménopause 100% ENANTONE (en début d’année j’avais eu DECA puis ENANTONE) (et toutes les fois d’avant étaient 100% DECA). Et c’est la meilleure ménopause artificielle de ma vie ! ^^

Ps : grâce à une organisation de folie, nous allons réussir à partir en vacances (entre deux mini retraites de yoga pour moi) juste avant la RT. 🙂

M moins un (again).

Début mars 2020 j’écrivais ceci :

Dans exactement un mois, nos derniers dés seront jetés : nous serons dans l’attente du nombre d’embryons qu’auront donné les spermatozoïdes de Lucien et les ovocytes d’une donneuse tchèque.

Je n’ai pas peur. J’ai même hâte, parce que je suis sûre que ça va fonctionner, que l’on va enfin lire un taux bHCG sur ces putains de feuilles de résultats d’analyses sanguines. C’est horrible un tel optimisme. Parce que le dernier spermogramme de Lucien était catastrophique et donc nous ne sommes pas du tout à l’abri du pire scénario possible : que le don d’ovocytes ne suffise pas à rattraper les merdouilles spermatiques. Mais ça je l’occulte complètement. La faute sans doute à ma double dose de ZOLOFT, qui m’a encore sauvée d’une rechute dépressive causée par … le DECAPEPTYL ! Cette fois-ci le psychiatre m’a dit d’être vigilante : avec un tel dosage, je ne suis pas à l’abri de virer « trop joyeuse ».

Cinq mois plus tard – merci la Covid-19 – nous revoilà exactement au même point. Presque « trop joyeuse » d’ailleurs : ma ménopause artificielle se passe étrangement bien depuis l’arrêt de MINIDRIL (je reviendrai sur le sujet prochainement).


J’ai fait un point rassurant avec REPROFIT. Pour les expertes en FIV DO à l’étranger, voici un extrait de notre échange (j’ai corrigé les fautes) ^^ :

Nous avons noté : donneuse prouvée, time laps, PICSI et MACS. Le transfert à J5 sous échographie est toujours fait. Le Dcoteur K. pourra vous donner les caractéristiques de votre donneuse deux semaines avant la ponction des ovocytes quand il sera sûr que sa stimulation procède sans complication.

Notre demande d’une donneuse à la fertilité prouvée a bien été retenue et c’était le critère le plus important pour moi. Je n’ai demandé aucune ressemblance physique, je n’en ai absolument rien à foutre. Je veux juste une grossesse sereine, un bébé en bonne santé et une famille avec Lucien.

La magie du ZOLOFT !

C’est une lente renaissance. Une matin tu te lèves et tu sens comme un léger souffle d’énergie. La veille encore, dès 10 heures tu t’assommais la gueule sous LYSANXIA pour faire passer le temps et le simple fait de prendre une douche te demandait un effort surhumain. Mais ce matin ça passe. Tu le sens : le ZOLOFT qui coule dans tes veines, la sérotonine revient à un taux « normal ». Tu sais que c’est chimique, bio-chimique, que t’es une camée, que t’as une dépendance aux médicaments ou que sais-je, mais tu t’en fous, parce que ça fait du bien. De se sentir à nouveau présente, active.

Il est 13 heures et tu es allée à un cours de yoga, tu as récupéré tes courses au drive (30 minutes d’attente) et fait cuire des oeufs durs. Ça parait rien, et pourtant il y encore quelques jours c’était impossible tellement ça te demandait une énergie folle. Bon il faut pas y aller trop fort d’un coup. Ça fait des jours que tu bouges pas du tout, que tu manges mal, que tu bois pas (d’eau hein) (avantage : détox de café, qui me foutait la gerbe à cause de MINIDRIL). Tu prends une petite sieste (2 heures) après le déjeuner mais, au lieu de rester à loquer dans le canapé jusqu’au retour de Lucien, tu te lèves et tu continues à faire des trucs : nettoyer la cage de Danette, passer l’aspirateur, vider les poubelles, booker un cours de Yin yoga en ligne.

Limite t’as du mal à y croire. Tu veux pas te faire une fausse joie. Mais ça reste. L’énergie, la motivation, l’envie. Tu sens que ça revient, doucement mais sûrement. Sans raison, puisque rien n’a changé dans ta vie. Juste ta gélule matinale que tu prends en deux exemplaires au lieu d’un. Et qui, une fois de plus, te sort de la merde.

Bref : ça commence à aller mieux. 🙂 Lundi je reprends le taff, espérons que ça tienne !

Ps : Lucien nous a pondu le pire spermogramme de sa vie. Ça ne m’a même pas touché (merci la dépression). Pour la forme je demanderai à Madame-Hope si, avec ces résultats, elle pense honnêtement que le don de d’ovocyte suffira. Comme dit Lucien « ça ne changera rien au plan initial » mais au moins on saura si on fonce droit dans le mur.

La dernière fois !

En février – lors de ma préparation pour la FIV DO « faux départ » – j’avais tellement morflé (physiquement mais surtout psychologiquement) que j’avais dit à Lucien que c’était la dernière fois que je m’imposais ça. Et puis il y a eu le confinement, cette parenthèse enchantée durant laquelle j’ai réalisé que ma vie actuelle sans enfant (et sans hormones artificielles) pouvait être douce (une fois passés le choc, la déprime et la colère d’avoir fait tout un protocole pour rien).

Je revis exactement la même chose aujourd’hui, soit six mois plus tard. Le même retour de dépression causée par les médicaments de PMA. L’absence d’émotions (négatives et positives), l’absence d’envie, l’absence d’énergie, l’absence de motivation. L’absence tout court en fait : je suis là sans vraiment l’être. Mon corps est présent mais ma tête est vide.

Je suis retournée voir la même médecin qu’en février. La dose de ZOLOFT est doublée, mais l’effet n’est pas immédiat … Besoin d’une pause. Sans travail, sans transport en commun, sans horaire, sans voir personne. Elle-même étant en parcours PMA, elle me comprend parfaitement. J’ai presque l’impression de parler à une copine. On échange sur nos parcours respectifs et ça me fait énormément de bien. À côté de ça elle exerce parfaitement son boulot : elle m’a foutu à poils pour regarder mes grains de beauté et m’a palpé les seins (personne ne m’a fait ça depuis au moins 2014). Vu le cancer de ma mère et les multiples stimulations ovariennes, elle estime que je devrais dès maintenant me faire examiner tous les ans (mammographie + échographie mammaire). Petite tension, poids un peu limite (MINIDRIL me file des nausées) (heureusement il ne me reste que 4 jours à prendre cette merde). Arrêt de travail d’une semaine.

À l’heure actuelle – où je ne peux m’empêcher d’envisager tous les scénarios possibles (du plus cool au plus catastrophique) – je suis partagée : si cette FIV DO ne va pas au bout, serai-je capable d’encaisser une troisième ménopause artificielle pour rien ? À quel moment on dit stop ? La FIV DO est notre dernière option, c’est acté depuis longtemps avec Lucien. On la tente pour ne rien regretter. Mais si, pour une raison ou une autre, elle doit être reportée ? Ou refaite, pour cause d’absence d’embryons ? Est-ce que je serai capable moralement de supporter un énième traitement hormonal ?