2 septembre – FIV DO in process (REPROFIT)

Lucien et moi avons passé une nuit de merde. La pleine lune et / ou l’excitation par rapport à l’appartement / la RT. La fin des vacances aussi. Ce matin c’est ménage du bungalow, récupération d’une covoitureuse et direction Paris. La nana était très sympa. Je suis hyper sociable sous ZOLOFT, j’adore ces rencontres éphémères.

En parlant de ZOLOFT : j’ai bien conscience d’être surdosée en ce moment. Je le sens. C’est agréable, mais un peu too much pour être « naturel ». Durant les vacances, j’ai songé à repasser à une gélule par jour (je gère maintenant seule ce switch entre une ou deux gélules), mais Lucien m’a dit : « No way. Tu ne changes rien avant la RT. » Ok. Pas de problème, parce que c’est quand même grave cool d’être de bonne humeur / contente / motivée / sociable / souriante … même si c’est grâce à un médicament.


Dans la soirée, Lucien réserve nos vols : l’un pour Vienne et l’autre pour Prague. C’est lui qui est en charge de l’organisation des voyages ; moi je gère la communication avec REPROFIT et … mon corps (mes hormones, mes rendez-vous, etc), ce qui est amplement suffisant ! D’ailleurs je commence à entrer dans le très concret en discutant avec la coordinatrice des modalités de paiement, histoire que tout soit Ok quand Lucien y sera. Bref : ça commence à s’organiser. Mieux vaut tard que jamais ! ^^ Parce que quand je nous compare aux nanas du forum sur lequel je suis inscrite, je me dis qu’on est le couple le plus « à l’arrache » : rien de réservé à moins d’une semaine du jour J (mais quand je vois le nombre de vols annulés à la dernière minute, finalement ce n’est pas si grave) et on part chacun de notre côté (ça je crois qu’on est les seuls à le faire). Bon on prend quand même l’avion et une voiture de location (beaucoup prennent des bus entre Brno et l’aéroport ; l’une fait carrément le trajet France – RT en voiture) (j’avais soumis cette option à Lucien mais il était moyennement chaud) donc ça reste confort. Et surtout j’ai précisé à Lucien que je voulais un put*** d’hôtel (avec le WiFi) (et un room service si possible) ! Parce que je compte bien passer le plus de temps possible dans mon lit à ne rien foutre ! Aucune envie de faire du tourisme.

La meilleure ménopause artificielle de ma vie !

J’ai longtemps attendu pour publier cet article. Parce que pendant un moment je ne voulais pas y croire. Je me disais : « C’est trop tôt, pour l’instant tout va bien mais ça va merder à un moment. » Mais non. Une fois passé le coup de mou causé par MINIDRIL – et le ZOLOFT doublé, soyons honnête – cette ménopause artificielle est passée crème.

Première injection le 19 juillet (en intramusculaire lors d’un apéro avec ma belle-sœur infirmière), seconde le 10 août (en sous-cutanée à la maison). Je commence les patchs d’oestradiol le 25 août donc on peut dire qu’on tient le bon bout et que la fin de ce blocage ovarien est proche.

Et … tout se passe bien ! Pas de bouffée de chaleur, un moral qui tient la route, pas spécialement de fatigue. À part une libido inexistante (mais ça ne me cause aucun souci ; Lucien ne vous dira peut-être pas la même chose ahah) je me sens bien. 🙂

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Le secret ? PAS DE DECAPEPTYL. C’est ma première ménopause 100% ENANTONE (en début d’année j’avais eu DECA puis ENANTONE) (et toutes les fois d’avant étaient 100% DECA). Et c’est la meilleure ménopause artificielle de ma vie ! ^^

Ps : grâce à une organisation de folie, nous allons réussir à partir en vacances (entre deux mini retraites de yoga pour moi) juste avant la RT. 🙂

M moins un (again).

Début mars 2020 j’écrivais ceci :

Dans exactement un mois, nos derniers dés seront jetés : nous serons dans l’attente du nombre d’embryons qu’auront donné les spermatozoïdes de Lucien et les ovocytes d’une donneuse tchèque.

Je n’ai pas peur. J’ai même hâte, parce que je suis sûre que ça va fonctionner, que l’on va enfin lire un taux bHCG sur ces putains de feuilles de résultats d’analyses sanguines. C’est horrible un tel optimisme. Parce que le dernier spermogramme de Lucien était catastrophique et donc nous ne sommes pas du tout à l’abri du pire scénario possible : que le don d’ovocytes ne suffise pas à rattraper les merdouilles spermatiques. Mais ça je l’occulte complètement. La faute sans doute à ma double dose de ZOLOFT, qui m’a encore sauvée d’une rechute dépressive causée par … le DECAPEPTYL ! Cette fois-ci le psychiatre m’a dit d’être vigilante : avec un tel dosage, je ne suis pas à l’abri de virer « trop joyeuse ».

Cinq mois plus tard – merci la Covid-19 – nous revoilà exactement au même point. Presque « trop joyeuse » d’ailleurs : ma ménopause artificielle se passe étrangement bien depuis l’arrêt de MINIDRIL (je reviendrai sur le sujet prochainement).


J’ai fait un point rassurant avec REPROFIT. Pour les expertes en FIV DO à l’étranger, voici un extrait de notre échange (j’ai corrigé les fautes) ^^ :

Nous avons noté : donneuse prouvée, time laps, PICSI et MACS. Le transfert à J5 sous échographie est toujours fait. Le Dcoteur K. pourra vous donner les caractéristiques de votre donneuse deux semaines avant la ponction des ovocytes quand il sera sûr que sa stimulation procède sans complication.

Notre demande d’une donneuse à la fertilité prouvée a bien été retenue et c’était le critère le plus important pour moi. Je n’ai demandé aucune ressemblance physique, je n’en ai absolument rien à foutre. Je veux juste une grossesse sereine, un bébé en bonne santé et une famille avec Lucien.

La magie du ZOLOFT !

C’est une lente renaissance. Une matin tu te lèves et tu sens comme un léger souffle d’énergie. La veille encore, dès 10 heures tu t’assommais la gueule sous LYSANXIA pour faire passer le temps et le simple fait de prendre une douche te demandait un effort surhumain. Mais ce matin ça passe. Tu le sens : le ZOLOFT qui coule dans tes veines, la sérotonine revient à un taux « normal ». Tu sais que c’est chimique, bio-chimique, que t’es une camée, que t’as une dépendance aux médicaments ou que sais-je, mais tu t’en fous, parce que ça fait du bien. De se sentir à nouveau présente, active.

Il est 13 heures et tu es allée à un cours de yoga, tu as récupéré tes courses au drive (30 minutes d’attente) et fait cuire des oeufs durs. Ça parait rien, et pourtant il y encore quelques jours c’était impossible tellement ça te demandait une énergie folle. Bon il faut pas y aller trop fort d’un coup. Ça fait des jours que tu bouges pas du tout, que tu manges mal, que tu bois pas (d’eau hein) (avantage : détox de café, qui me foutait la gerbe à cause de MINIDRIL). Tu prends une petite sieste (2 heures) après le déjeuner mais, au lieu de rester à loquer dans le canapé jusqu’au retour de Lucien, tu te lèves et tu continues à faire des trucs : nettoyer la cage de Danette, passer l’aspirateur, vider les poubelles, booker un cours de Yin yoga en ligne.

Limite t’as du mal à y croire. Tu veux pas te faire une fausse joie. Mais ça reste. L’énergie, la motivation, l’envie. Tu sens que ça revient, doucement mais sûrement. Sans raison, puisque rien n’a changé dans ta vie. Juste ta gélule matinale que tu prends en deux exemplaires au lieu d’un. Et qui, une fois de plus, te sort de la merde.

Bref : ça commence à aller mieux. 🙂 Lundi je reprends le taff, espérons que ça tienne !

Ps : Lucien nous a pondu le pire spermogramme de sa vie. Ça ne m’a même pas touché (merci la dépression). Pour la forme je demanderai à Madame-Hope si, avec ces résultats, elle pense honnêtement que le don de d’ovocyte suffira. Comme dit Lucien « ça ne changera rien au plan initial » mais au moins on saura si on fonce droit dans le mur.

La dernière fois !

En février – lors de ma préparation pour la FIV DO « faux départ » – j’avais tellement morflé (physiquement mais surtout psychologiquement) que j’avais dit à Lucien que c’était la dernière fois que je m’imposais ça. Et puis il y a eu le confinement, cette parenthèse enchantée durant laquelle j’ai réalisé que ma vie actuelle sans enfant (et sans hormones artificielles) pouvait être douce (une fois passés le choc, la déprime et la colère d’avoir fait tout un protocole pour rien).

Je revis exactement la même chose aujourd’hui, soit six mois plus tard. Le même retour de dépression causée par les médicaments de PMA. L’absence d’émotions (négatives et positives), l’absence d’envie, l’absence d’énergie, l’absence de motivation. L’absence tout court en fait : je suis là sans vraiment l’être. Mon corps est présent mais ma tête est vide.

Je suis retournée voir la même médecin qu’en février. La dose de ZOLOFT est doublée, mais l’effet n’est pas immédiat … Besoin d’une pause. Sans travail, sans transport en commun, sans horaire, sans voir personne. Elle-même étant en parcours PMA, elle me comprend parfaitement. J’ai presque l’impression de parler à une copine. On échange sur nos parcours respectifs et ça me fait énormément de bien. À côté de ça elle exerce parfaitement son boulot : elle m’a foutu à poils pour regarder mes grains de beauté et m’a palpé les seins (personne ne m’a fait ça depuis au moins 2014). Vu le cancer de ma mère et les multiples stimulations ovariennes, elle estime que je devrais dès maintenant me faire examiner tous les ans (mammographie + échographie mammaire). Petite tension, poids un peu limite (MINIDRIL me file des nausées) (heureusement il ne me reste que 4 jours à prendre cette merde). Arrêt de travail d’une semaine.

À l’heure actuelle – où je ne peux m’empêcher d’envisager tous les scénarios possibles (du plus cool au plus catastrophique) – je suis partagée : si cette FIV DO ne va pas au bout, serai-je capable d’encaisser une troisième ménopause artificielle pour rien ? À quel moment on dit stop ? La FIV DO est notre dernière option, c’est acté depuis longtemps avec Lucien. On la tente pour ne rien regretter. Mais si, pour une raison ou une autre, elle doit être reportée ? Ou refaite, pour cause d’absence d’embryons ? Est-ce que je serai capable moralement de supporter un énième traitement hormonal ?

MINIDRIL : l’autre réjouissance !

J’ai donc commencé MINIDRIL à J2 de mon cycle, à peine une heure après être sortie de mon rendez-vous avec Madame-Hope. Une pilule contraceptive. « Tranquille » pensais-je. Tu parles : outre le retour de la dépression, je saigne TOUS LES JOURS (et pas du petit spotting hein) (J10 ce matin et grosse gerbe de sang dans le chiotte).

À J8 je trouvais déjà ça carrément anormal et – voyant l’échéance de l’injection d’ENANTONE approcher à grand pas – j’envoyais un mail style : « Je saigne non-stop, j’ai ENANTONE bientôt et pas envie de faire ça pour rien, est-ce qu’on pourrait faire une visite de mon utérus pour voir si tout est Ok ? » Réponse le lendemain, rendez-vous calé dans l’après-midi. Verdict : RAS. Pas de kyste, mon utérus et mes ovaires sont normaux. On met les saignements sur le compte du (mauvais) mix adénomyose + MINIDRIL et on maintient la piquouze de ménopause artificielle prévue à J12.

Prochain contrôle à J21. C’est là que tout va se jouer. Soit je suis « bloquée » et tout est Ok. Soit non et c’est la merde.

MINIDRIL & DECAPEPTYL / ENANTONE : même combat ?

Une semaine que je suis sous MINIDRIL et je vois apparaitre les mêmes symptômes que durant mes épisodes de dépression sous ménopause artificielle … À croire que je ne supporte plus la moindre hormone de synthèse !

Je vois mon psychiatre dans une semaine et je sais déjà que je suis bonne pour doubler mes doses de ZOLOFT.

Le grand jour !

Demain on décolle pour la République Tchèque. J’ai tellement hâte et tellement peur.

Hein !? Quoi !? La RT a fermé ses frontières ?! Corona-quoi ?! Confinement ?! Ah d’accord. Bon en même temps avec un vol prévu le 1er avril, il fallait s’attendre à quelques blagues de l’Univers.

Comment se passe votre confinement ? Ici Lucien et moi sommes en télétravail (je bosse dans le domaine de la santé, lui dans la banque … on ne s’ennuie pas). Mon lapin vit sa meilleure vie, en liberté H24 dans l’appartement (et même la nuit maintenant). Je profite régulièrement de la possibilité du « déplacement bref, dans la limite d’une heure quotidienne et dans un rayon maximal d’un kilomètre autour du domicile, lié à l’activité physique individuelle » histoire de conserver ma santé mentale. Finalement ce confinement c’est un peu comme quand j’étais en arrêt maladie au plus profond de la dépression. Sauf que là je vais bien, ce qui est tout de même nettement mieux / différent.

En parlant de moral : de deux gélules quotidiennes de ZOLOFT, je diminue progressivement pour voir si je peux repasser à une par jour. Après le bac + 5 en PMA, j’ai maintenant un bon BTS psychiatrie qui me permet de « jouer » avec ce que j’ai déjà expérimenté. Côté anxiété – parce que faut pas se mentir : c’est quand même super anxiogène ce virus … je ne suis pas inquiète pour moi, mais j’ai des palpitations quand je pense au système immunitaire de nourrisson de mon père – je suis à un LYSANXIA max le soir donc je ne déconne pas. Il faut que j’appelle mon psychiatre pour lui dire que je ne me rendrai pas au prochain rendez-vous (celui calé après le résultat de la prise de la sang de la FIV DO) (ahahah). Je préfère éviter de prendre quatre RER, d’autant plus que les traitements chroniques sont en ce moment renouvelables avec une ordonnance expirée.

Côté PMA : ma dernière injection de ENANTONE date maintenant d’un mois, mais je profite toujours des bouffées de chaleur. J’imagine que – à cause de mon petit gabarit – j’ai le droit à du rab. On lance les paris sur la date du prochain J1 ?! Le premier qui écrit « pas avant 9 mois » / « surprise » / « bébé couette » sera banni à jamais des commentaires ! ^^

Comment (et pourquoi) j’ai tué Lucienne.

C’était en février. Impossible d’être plus précise. Comme lors de chaque période de dépression, tout est flou. Ça allait bien, puis il y a eu l’injection de DECAPEPTYL et tout est parti en vrille très vite. J’ai téléphoné au psychiatre, qui m’a dit de doubler immédiatement ma dose d’antidépresseurs. Mais le temps que le truc fasse un semblant de début d’effet, la dépression s’était installée.

J’étais à la fois atone et trop impulsive. Sur un coup de tête, j’ai supprimé mon blog « Arrête d’y penser, ça viendra tout seul ! ». Lucien m’a engueulé : « Tout ça c’est nous ! » Oui, et tout ça c’est aussi beaucoup de souffrance que je ne supportais plus de voir étalée sur le web.

J’ai une sauvegarde perso, évidemment. Parce que dans ces mots il y a toute mon âme et quatre années de ma vie … Ce fichier, c’est un peu comme un carton qu’on planque au fin fond d’un grenier parce qu’on a plus envie de le voir, mais qu’on ne peut pas se résoudre à jeter.

Bref.

(Re)Bienvenue à celles qui atterrissent ici et me « connaissent ».
Pour les autres : sorry, j’ai la flemme de raconter le pourquoi du comment.