[Hors-sujet] Mon expérience de l’alimentation intuitive …

J’ai 35 ans et j’ai vécu la moitié de ma vie avec des troubles du comportement alimentaire. Plus ou moins grave selon les périodes. Anorexie, boulimie, hyperphagie, orthorexie … Entre 39 et 55 kilos (hors grossesse). Le tout agrémenté de troubles digestifs chroniques et sans explication médicale. La grossesse puis l’arrivée de Mini Lu n’ont – a priori – pas changé grand-chose. Lors de ma formation de yoga j’ai remis un pied dans la naturopathie, ce qui n’a fait que déchainer un peu plus mes compulsions alimentaires. Puis, je ne sais plus par quel hasard, je suis tombée sur le concept d’alimentation intuitive. J’ai lu sur le sujet et écouté 1001 podcasts. Un bon résumé est dispo ici : https://pouvoircannelle.com/10-principes-de-l-alimentation-intuitive/ J’ai commencé seule de mon côté. Puis j’ai rencontré mes limites alors j’ai fait appel à une thérapeute. Ca a été un vrai tournant. Pour la première fois, je sens que je suis VRAIMENT sur le bon chemin.

Ma première étape a été de me réalimenter « normalement ». Accepter qu’actuellement mes signaux de faim sont perturbés, suite à plus de 17 ans d’alimentation troublée. Lâcher prise. Manger à des heures régulières, écouter toutes mes envies et laisser faire. Trust the process, à fond. Forcément il y a eu des changements corporels. Certains sont plaisants, d’autres moins. J’étais depuis longtemps en léger sous-poids (selon la définition de l’IMC, soit un indice inférieur ou égal à 18,5) mais surtout en restriction calorique et cognitive. Alors naturellement, j’ai grossi. Combien exactement ? Je ne sais pas, et j’essaye de continuer à l’ignorer. Ce que je sais, c’est que j’ai dû revoir toute ma garde-robe. Les tailles S et M ont remplacé mon XS. Mais : ma charge mentale liée à l’alimentation a considérablement diminué, tout comme mes compulsions alimentaires et les troubles digestifs que je trainais depuis 1000 ans. Bonus : je me découvre un nouvel intérêt pour la mode et la création de mes propres vêtements.

Surtout : derrière tout ça il y a un autre aspect beaucoup plus personnel, profond et intime. Un (long) boulot de déconstruction. En effet, la « thérapie d’alimentation intuitive » est en réalité plus une psychothérapie qu’un simple travail autour de l’alimentation ou du poids. Pour moi qui n’avais pas le courage de mettre les pieds chez un psychologue, je suis maintenant confrontée à tout ce que j’essayais de cacher sous le tapis. Et ça pique, forcément. Mais je sais que mon bonheur et ma sérénité passent par là.

Je laisse ici quelques liens sur le sujet, au cas où ça pourrait aider quelqu’un un jour. Cette liste est évidemment non exhaustive et je la compléterai au fur et et à mesure de ma motivation.

Les bases / les livres :
https://www.editionsleduc.com/produit/2487/9791028519469/le-grand-livre-de-l-alimentation-intuitive
https://www.amazon.fr/Intuitive-Eating-Anti-diet-Revolutionary-Approach/dp/1250255198 (j’ignore si la version française se vend encore)

Les podcasts :
https://podcasts.apple.com/fr/podcast/reset-ton-assiette/id1573105964
https://podcast.ausha.co/la-pleine-conscience-du-pouvoir

Les comptes Instagram :
https://www.instagram.com/thelastquiche/?hl=fr
https://www.instagram.com/annepiozpsy/?hl=fr
https://www.instagram.com/sophia_antidietculture/?hl=fr
https://www.instagram.com/zin_ai/

Les sites internet :
https://www.gros.org/pourquoi-cette-approche

J’aurais aimé avoir accès à ces infos et tout ce recul bien plus tôt … Je réalise que tout le monde est influencé – souvent inconsciemment – par la culture des régimes et la grossophobie associée. Je ne vous parle même pas du patriarcat ! J’ai découvert le concept d’inclusion aussi. Bref : de riches nouveaux mondes s’ouvrent à moi ! Que je vais continuer d’explorer, parce que que cela fait de moi une « meilleure » mère / femme / professeure de yoga, plus consciente et bienveillante. 🙂

The end !

Il n’y aura pas de rendez-vous avec Madame-Hope. Je l’ai annulé. La secrétaire a paru étonné : « Vous ne voulez pas le reporter ? » Non. Tout est clair dans ma tête. Si un miracle arrivait – j’ai l’impression qu’il y en a partout … – je l’accueillerais à bras ouverts. Mais je n’ai pas envie de retourner en PMA pour agrandir notre famille.

Ce week-end nous avons fêté l’anniversaire de Mini Lu. À cette occasion mes parents ont rencontré – pour la première fois – ceux de Lucien. C’était aussi la fête des mères. Bref : c’était une journée géniale.

Je suis comblée comme ça. Au niveau perso et aussi au niveau pro : à la rentrée je donnerai des cours de yoga, en parallèle de mon taff actuel. Bon je me connais : au bout de quelques temps, il me faudra un nouveau « challenge ». Mais en attendant, tout est parfait ainsi. 🙂

Un an de Mini Lu !

Le jour du premier anniversaire de Mini Lu, ma mère me demande : « Je peux te poser une question ? » Oula. Quand ça commence comme ça, c’est qu’elle ne va pas me demander si je préfère du beurre ou de la crème fraîche dans mes pâtes (les deux évidemment). Trois secondes à peine de réflexion et je lui réponds : « Je sais ce que tu vas me demander : est-ce qu’on veut un deuxième enfant ? » Bingo. S’en est suivie une grosse discussion, où j’ai listé les pour et les contre d’un autre bébé. En parler m’a fait réaliser que ma balance penchait vachement d’un côté finalement … Alors j’ai décidé de poser tout ça par écrit, pour que ça cesser de trotter sous mon crâne.

Côté pour :
>>> la fratrie : je vous bassine avec ça. Mais la famille de quatre, ça a toujours été un idéal. J’ai une soeur, Lucien aussi. On a des bonnes relations avec elles, on kiffe tous les deux. Mini Lu avec un frère ou une soeur, ce serait magique.
>>> l’expérience : revivre une grossesse, les coups de pied du bébé, le fameux glow, cette absence de pression par rapport à mon corps. Puis l’accouchement et les premiers mois. L’allaitement aussi ! Aujourd’hui je regarde avec nostalgie toutes les photos et vidéos que j’ai prises durant ce temps. Revivre tout ça pour un autre enfant, en ayant conscience que chaque moment sera le dernier. Saurais-je en profiter davantage ? Ai-je suffisamment profiter avec Mini Lu ? J’ai toujours l’impression que j’aurais pu faire autrement, même si une part de moi – la raison sans doute – sait que j’ai fait de mon mieux avec qui j’étais à ce moment.
>>> la facilité : on a 7 embryons au congélateur en RT. Sauf gros manque de chance, cette fois ça ne devrait pas nous prendre six ans pour une nouvelle grossesse.

Côté contre :
>>> l’état du monde : la planète qui meurt, les guerres, la surpopulation et tous les trucs de ce style. C’est dément et effrayant. Parfois même, je culpabilise d’avoir plongé Mini Lu là-dedans.
>>> la PMA : chez nous pour faire un bébé, il ne suffit pas de s’envoyer en l’air. Il y aurait des examens à (re)faire, des traitements à (re)prendre, un avion à réserver, etc. Et s’il y a un résultat positif, il y aura sans doute une angoisse constante et persistante, jusqu’au bout de la grossesse.
>>> mon corps : je n’oublie pas que j’ai passé 4 mois totalement HS, à vomir tous les jours. Ensuite ça a été cool. Mais il y a aussi le post-partum … C’est totalement superficiel pour certains, mais j’attache une grande importance à l’apparence et à la « fonctionnalité » de mon corps. Il doit être conforme à mes critères et faire ce que j’ai envie qu’il fasse. Par exemple : j’ai eu du mal à être freinée dans mes activités par ma césarienne. Même si je faisais quelques pas 24 heures après, un mois plus tard ça me « tirait » encore si je portais des charges un peu lourdes (la poussette par exemple). Autre exemple plus futile : la silhouette et le poids. J’ai tout perdu assez vite, mais la tonicité a mis plus de temps à revenir. Visuellement je n’étais pas fan de ce corps « mou », malgré tout ce qu’il avait vécu et m’avait permis !
>>> la crainte d’avoir une fille : avant d’être enceinte, ma préférence allait pour une fille. D’ailleurs au début de ma grossesse, j’étais persuadée que c’était une fille. Mais non ! Je me suis très vite fait à cette nouvelle et aujourd’hui je suis plus qu’heureuse d’être LA femme de ma famille. Durant ma période post-partum, quand j’étais un peu dans le dur, j’ai consulté une thérapeute spécialisée en troubles des conduites alimentaires. Elle m’a dit qu’il y avait une part de génétique dans ces maladies. Je n’ai pas déballée que Mini Lu n’avait pas mon ADN, mais c’est resté dans ma tête (comme le coup des bagages). Et je sais qu’une fille est, statistiquement, plus sensible à ce genre de pathologies qu’un garçon. J’aurais tellement peur de transmettre ça, qu’elle se construise aux côtés d’une mère qui n’est pas 100% tendre avec son propre corps et chez qui l’alimentation émotionnelle est une (mauvaise) habitude.
>>> l’âge : j’aurai 36 ans en décembre. Ça ne joue pas en ma faveur côté récupération et fatigue. C’est aussi l’âge auquel ma mère a eu ma petite soeur. J’ai des souvenirs d’enfance où j’ai souvent constaté que ma mère était la plus âgée des mamans. Même si maintenant les femmes ont souvent leur premier enfant plus tard qu’il y a 40 ans, il y a cet espèce de « plafond d’âge » que je n’ai pas envie de dépasser.
>>> l’équilibre : j’ai repris le boulot fin février. Avec seulement un jour de télétravail (les crevards). Réveil à 6 heures – transport / marche – boulot de 8 à 13 heures – (re)transport / marche – récupération de Mini Lu à 17 heures. Objectivement c’est très cool comme rythme. Mais comparé à ma vie d’avant, forcément c’est très différent ! Néanmoins j’ai réussi à y trouver mon équilibre : l’après-midi je peux caler une sieste si la nuit a été pourrie, faire du yoga, écrire, etc. Ça me permet aussi de profiter de mon fils, que je ne vois pas le matin puisque c’est Lucien qui le réveille, le prépare et l’emmène à la crèche. Nos deux familles vivent à un quart d’heure à pied de chez nous, c’est très pratique : quand je suis en week-end de formation de prof de yoga, Lucien passe la journée chez ses parents avec Mini Lu. Il délègue, les grands-parents sont contents, Mini Lu aussi … Bref : tout le monde est ravi ! Un second bébé, ce serait bouleverser cet équilibre, et je crois que je n’en ai pas envie. J’ai besoin d’avoir du temps pour moi, du temps seule surtout. Peut-être est-ce à cause de mes bagages, ou parce que je suis plutôt introvertie. Mais si je perds cet équilibre, je vais morfler moralement. Mon post-partum m’a parfois laissé entrevoir ce que ça pouvait donner de ne pas avoir une minute vraiment seule, et je n’ai pas envie de revivre ça.
>>> Lucien : il n’est pas particulièrement chaud. Il se trouve trop vieux et Mini Lu suffit à le combler de bonheur. ❤

Pour finir, revenons-en à LA question de ma mère. Alors que j’étais persuadée qu’elle s’attendait à ce que l’on fasse un autre bébé (à l’époque de ma grossesse, elle avait eu une phrase qui m’avait fait penser cela), elle m’a dit qu’elle comprenait totalement. « Si j’étais passée par tout ce que tu as traversé pour avoir Mini Lu, je n’aurais pas eu la force de me lancer pour un second ». Et ben vous savez quoi : ça m’a soulagé. De ne pas avoir cette « pression » du côté de ma famille. J’en doute qu’il en soit autant du côté de celle de Lucien … Quoique. Nous n’en avons jamais ouvertement discuté.

Bref : j’ai rendez-vous avec Madame-Hope dans un mois, et j’y vais sûrement pour rien au final. Mais ce n’est pas grave. Ce sera l’occasion de la remercier de vive voix pour ce qu’elle a fait pour et avec nous.

Les bagages …

Quelqu’un a commenté un jour ici : « Pour être franche, tu t’es lancée dans l’aventure compliquée de la maternité avec déjà un max de bagages, essaie de t’occuper de toi et d’être enfin apaisée, tu ne pourras pas faire de plus beau cadeau à ton enfant. » Ça m’a mis une petite claque, mais j’ai trouvé ça globalement bienveillant et surtout … très vrai ! Cette histoire de bagages est restée dans ma mémoire et j’y repense régulièrement. C’est en partie à cause de ça que j’écrivais il n’y a pas si longtemps : « La PMA est derrière nous et nous n’y retournerons sans doute pas, malgré nos 7 embryons restants. Notre équilibre familial est encore à trouver et j’ai envie de profiter : de mon bébé, de mon mec, de mes proches et de mes passions. Peut-être que dans quelques années je serai prise de je ne sais quelle folie de recommencer, mais pour le moment c’est un grand NON. »

Ces « bagages » sont toujours avec moi et ils ne me quitteront sans doute jamais. La stabilité de mon moral laisse parfois à désirer et je suis hypersensible. Mais ça ne fait pas de moi une mère défaillante. Mini Lu aura 1 an dans quelques jours et je l’ai toujours gardé au-dessus de tout ça. Ce bébé est la priorité number one de ma vie, il passe avant tout. Et si parfois je me suis oubliée ou négligée, je n’ai jamais hésité à demander de l’aide. À Lucien, à nos famille respectives et surtout à mon petit réseau de professionnels de santé.

Alors s’il y a quelque chose à retenir de cette année qui vient de s’écouler, c’est que « tout passe » et tout évolue. Il n’y a qu’à relire ce que j’ai écrit ici à 7 mois post-partum … Ce bad mood est totalement derrière mois. Je l’avais d’ailleurs littéralement oublié ! Parce que ça y est, la tornade est passée et l’équilibre revient doucement. Ce n’est évidemment pas le monde des Bisounours, mais je suis heureuse dans ma vie.

Sauf que … mon coeur n’a jamais réellement tiré un trait sur cette histoire de fratrie. Celui de Lucien non plus je crois, mais il craint de ne pas avoir l’énergie nécessaire. Moi j’ai peur de l’état de mon corps après une seconde grossesse … Lui pense aux aspects logistiques quand moi je nous imagine, béate, vivre à quatre (ou plus). Alors je lui ai présenté ce rendez-vous chez Madame-Hope en mode : « Ça n’engage à rien, d’ailleurs je ne sais pas si j’aurai le courage de refaire une hystérosalpingographie ! » [Je connais Madame-Hope, je sais qu’elle ne laissera rien au hasard.] Lucien m’a répondu que l’on était pas obligé de faire le suivi avec elle. J’ai souri intérieurement, parce qu’avec cette réponse il validait sans s’en rendre compte le fait de « reprendre les hostilités ». [Mais évidemment ce sera Madame-Hope ou personne. Mon corps, mon choix.]

Deux mois pour avoir un premier rendez-vous, trois mois pour faire tous les examens nécessaires, sans doute trois mois de ménopause artificielle et l’été au beau milieu de tout ça … Ce n’est pas demain que l’on prendra nos billets pour la République Tchèque. Mais depuis quelques temps je ne donne plus les vêtements de Mini Lu devenus trop petits. Parce qu’ils pourraient peut-être servir à nouveau …

Reprendre (timidement) contact …

J’ai essayé d’appeler un week-end. Juste pour voir si le numéro enregistré était toujours bon. Le répondeur a confirmé que oui. Alors j’ai recommencé lundi. Une fois, deux fois, trois fois … six fois, avant d’avoir quelqu’un au bout du fil.

« J’appelle pour prendre un rendez-vous avec Madame-Hope. » Elle me demande si je suis déjà une patiente, alors je résume mon cas de « privilégiée » en une phrase. Pas de place avant un moment, mais je m’y attendais et c’est parfait ainsi.

La suite … en juin !

Journal de bord post-partum : the end ! (9 mois)

Sans doute grâce à mon ZOLOFT, j’ai remonté la pente. De temps en temps je m’offre le luxe d’une nuit seule ou sans bébé : soit je vais dormir chez mes parents, soit Mini Lu dort chez les parents de Lucien. Les nuits complètes sont encore assez exceptionnelles (coucou les dents, coucou l’angoisse de séparation, coucou le rhume numéro 398, etc), mais globalement on a pris le rythme.

Dix jours après les 9 mois de Mini Lu, je me suis lancée dans quelque chose qui me faisait de l’oeil depuis plusieurs années mais auquel j’avais toujours renoncé à cause des traitements de PMA ou d’une éventuelle grossesse : une formation de professeur de yoga. Mine de rien depuis 2016 mon big projet était de fonder une famille / être enceinte / « avoir » un bébé. Ça n’a pas occupé chaque heure de chacune de mes journées, mais c’était quand même LE truc de ma vie. Aujourd’hui ce bonheur quotidien est là et je le savoure au maximum. Mais voilà, j’ai besoin de me relancer dans quelque chose, un projet qui me fait vibrer. J’ai songé à changer de boulot – mon taff actuel est sympa, pas passionnant de ouf mais cool et bien payé – sauf que rien ne me tentait dans ma branche (et je l’avoue : j’aime ce petit confort financier qui ne m’en demande pas trop). Alors j’ai opté pour ce qui me fait vraiment du bien depuis plusieurs années : le yoga. Et comme écrire est aussi un kiff, je partagerai sans doute cette nouvelle aventure, mais pas ici.

Parce que je pense qu’il est temps de mettre un terme à ce blog. L’allaitement a pris fin. Mes règles sont revenues, après ce « cycle » exceptionnel de … 594 jours ! Je reprends le travail dans une semaine. La PMA est derrière nous et nous n’y retournerons sans doute pas, malgré nos 7 embryons restants. Notre équilibre familial est encore à trouver et j’ai envie de profiter : de mon bébé, de mon mec, de mes proches et de mes passions. Peut-être que dans quelques années je serai prise de je ne sais quelle folie de recommencer, mais pour le moment c’est un grand NON.

Je laisse évidemment ce blog en ligne, pour toutes les personnes qui auraient envie d’un peu de lecture sur une expérience positive de FIV avec don d’ovocytes en République Tchèque. Merci à toutes celles et ceux qui ont pris un jour le temps de me lire, de commenter, de partager. Le formulaire de contact est toujours dispo si jamais. Et surtout mille mercis à l’inconnue grâce à qui ma vie a pris le plus joli des virages. ❤️

Le Milk Blues, ou la dépression post-allaitement / post-sevrage

[Sur vos conseils pour stopper ma lactation, j’ai cessé de tirer mon lait : on tient le bon bout puisque je ne tire plus que toutes les 48 heures environ. Comme je n’ai pas de quoi remplir un biberon, je jette mon lait. Histoire que ma tête pige bien que C’EST TERMINÉ.]

Je connaissais bien évidemment le coté « psy » du sevrage ; je l’ai vécu dès que j’ai introduit le lait artificiel. Culpabilité, tristesse, « deuil », blablabla. J’ai été très sensible sur le sujet mais c’était normal. Sauf que depuis quelques jours, c’est autre chose : un vrai ralentissement psychomoteur, du SERESTA à gogo pour ne pas avoir à vivre dormir la journée, des compulsions alimentaires énormes et puis envie de rien, zéro motivation, aucune énergie. C’est assez soudain, alors que tout allait bien.

En discutant avec Lucien, j’ai émis l’idée que l’arrêt que ma production de lait causait peut-être un remaniement hormonal qui ne me réussissait pas. Je sens déjà que mon métabolisme ne réagit plus comme ces derniers mois : il est plus lent. L’idée a fait son chemin dans ma tête, alors j’ai ouvert Google (la base). Et c’est là que j’ai découvert ce concept de « Milk Blues », avec notamment ces deux faits :
– Le sevrage entraîne une chute d’hormones, notamment d’ocytocine, l’hormone du bonheur qui permet de gérer l’anxiété.
– Par ailleurs, le sevrage est souvent synonyme de retour de couches, qui, avec les saignements abondants peut entraîner anémie et fatigue.

Je n’ai pas encore eu mes règles, mais je sens bien depuis quelques semaines qu’il se passe quelque chose à ce niveau. Ça travaille ! Ce qui me saute aux yeux, c’est surtout le coup des hormones. Ocytocine ou endorphines selon les sources – je n’ai pas trouvé de véritable étude scientifique sur le sujet – il y a visiblement une modification à ce niveau lors de l’arrêt de l’allaitement (en plus du retour des hormones responsables du cycle menstruel). Et moi je suis HYPERSENSIBLE à ce genre de merdes choses : que ce soit les substances psychotropes ou celles de la PMA, je (sur)réagis très vite.

En accord avec mon psychiatre, j’ai donc doublé ma dose de ZOLOFT : je passe de une à deux gélules par jour. Le max étant quatre, je me dis que j’ai encore un peu de marge avant d’être internée. ^^ C’est un « petit coup de boost » pour surmonter ce cap. Et j’espère que ça va vite passer, parce que j’aimerais bien kiffer mes dernières semaines avant la reprise du taff.

Journal de bord post-partum (8 mois)

Un nouveau rythme s’est mis en place depuis le début de l’année : Mini Lu va à la crèche du lundi au vendredi et c’est généralement Lucien qui l’emmène le matin. Ça change tout ! Je profite un maximum de mon temps libre seule, et je profite mieux du temps que je passe avec mon bébé. Je savoure donc pleinement – enfin j’essaye : la culpabilité (inutile) n’est jamais loin – ces quelques semaines cool avant le retour au travail. J’ai repris le yoga et la méditation. En plus les jours rallongent … Bref : ça va mieux !

J’ai aussi envie de croire que ce nouveau fonctionnement est mieux pour Mini Lu : son planning est le même du lundi au vendredi. Bon il y a toujours les fermetures de crèche (merci le Covid-19) et les rhumes qui menacent de muter en bronchiolites. Mais globalement tout est en place pour ma reprise du taff.

Le week-end Lucien est là donc nous sommes tous ensemble et c’est parfait. ❤ Avec cette nouvelle organisation, je ne me sens plus du tout « écrasée » par le fait de m’occuper de mon bébé. C’est redevenu un plaisir. Toutes mes angoisses control freak ont disparu (ouf) (merci le ZOLOFT).

J’essaye d’arrêter ma lactation. Mon corps semble avoir du mal à piger le concept : je suis encore obligée de tirer mon lait une à deux fois par jour. La véritable dernière tétée a eu lieu dans ma famille quand nous avons fêté Noël. Une tétée toute douce, un moment parfait que ma soeur a immortalisé en photo. Mais j’ai du mal à tourner cette page, à me dire que cette connexion si particulière est terminée. Parfois je nous imagine reprendre l’allaitement … Cette ambivalence explique peut-être pourquoi mon corps continue de produire du lait !