29 septembre – FIV DO in process (REPROFIT)

Officiellement renommé « journée des connards et des connasses ».

Ma généraliste (elle-même en PMA) m’a envoyé chier. En résumé : la grossesse ce n’est pas une maladie. Mets des bas de contention (non remboursés) pour tes malaises et va bosser, t’as des chiottes au taff si tu veux gerber. Je craignais de la blesser en débarquant chez elle avec mes prises de sang positives, et finalement c’est elle qui m’assomme en se transformant en meuf aigrie qui ne peut pas encadrer les annonces de grossesse. Je peux comprendre hein, mais on est pas censé être dans un cadre professionnel là ?!

Cerise sur le gâteau : rupture de stocks du VIVELLEDOT dans toutes les pharmacies près de chez moi. Super. J’ai potentiellement un embryon dans le bide et il va falloir qu’il pige qu’on change la molécule qui construit son nid. Accroche-toi mon gars.

J’ai pleuré d’énervement et de déception. Madame-Hope va bientôt (j’espère) (si tout va bien) me renvoyer dans le « circuit normal » des gens fertiles et je n’ai aucune idée de qui va me suivre. Si j’ai un problème j’appelle qui, je vais où ? Je n’ai pas envie de prendre le premier venu et de me retrouver (encore) face à des boulets ou des connards à moitié compétents. Si quelqu’un passe par là et connait un bon gynécologue dans le 78 (côté Saint-Germain-en-Laye) je prends. 🙂

Finalement j’ai posé ma journée, puis je suis passée en mode Warrior. Ok on va la jouer comme ça, pas de souci pour le moment. Mais la première personne qui me soûle, je lui fait sauter la tête.

26 septembre – FIV DO in process (REPROFIT)

Qui a dit qu’elle ne voulait plus écrire tous les jours au fait ?! Ah ah. J’étais bien mignonne à penser que tout irait bien dans le meilleur des monde. À ce propos : parenthèse « santé mentale ». Le psychiatre m’a diminué de moitié mon antidépresseur et mon anxiolytique. Je suis désormais aux doses minimales. Si je peux stopper totalement l’anxio, c’est encore mieux. Vu comment je suis fatiguée en ce moment (les hormones ou les émotions, allez savoir), ce sera peut-être plus simple que prévu. J’ai quand même demandé : « En général la grossesse et les troubles mentaux, ça se passe bien ? » Apparemment oui. C’est surtout après l’accouchement qu’il faut faire attention. Tu m’étonnes. Prochain rendez-vous mi-novembre.


Suite à mon 621, je suis direct redescendue de mon nuage de zénitude et j’ai partagé ma flippance par mail à la seule personne 100% fiable à mes yeux sur ce sujet.

Bonjour Madame-Hope.
Je suis un peu inquiète face à ce troisième taux.
Le labo a conservé mon ordonnance. 

Une éternité plus tard #DramaQueen Un peu moins de deux heures plus tard, réponse du secrétariat (avec une ordonnance en pièce jointe) :

Madame-Hope ne s’inquiète pas.
Elle vous demande de refaire un dosage mardi prochain (2 x 48 heures).

On voit bien que c’est pas toi qui est directement concernée meuf. Okay. Bon. Entre ça et la calculette d’évolution du taux beta-hcg dont tout le monde me vante la fiabilité, on va dire que je peux me détendre jusqu’à mardi. J’ai quand même bien mérité ma pizza 4 fromages et mon pot de Ben & Jerry’s hein. 621 a intérêt a apprécié le lactose plus que mon tube digestif.


Le lendemain, mon infusion YOGI TEA® me parle (comme tous les matins depuis que j’ai arrêté le café). Ce qu’elle me raconte me fait penser : « Ah c’est le bon moment pour pisser sur ce test à 23 balles (grosse arnaque by the way : il n’y a qu’un seul test dans la boite) (et Amazon c’est Le Mal) acheté exprès pour l’occasion. » Spoiler alert : la photo qui suit est digne des plus grandes bad pregnant bitches, mais j’avais envie de conserver un souvenir.

Ps : juste après j’ai planté le test dans la boites de capsules Nespresso de Lucien. Genre : « Héhé, surprise ! » Suis pas sûre qu’il apprécie de trouver un bâton de pisse à cet endroit, mais moi je trouve ça drôle ! 🤓

25 septembre – FIV DO in process (REPROFIT)

21/09 (13 DPO) : 132 UI/l
23/09 (15 DPO) : 369 Ul/l
25/09 (17 DPO) : (x)xxx Ul/l

Vous n’imaginez pas le nombre de fois où j’ai rêvé – littéralement d’ailleurs cette nuit – de pouvoir écrire de tels chiffres.

Le plus drôle dans tout ça, c’est que je n’ai pas peur. Je suis prudente (je n’ai pas osé courir ou faire du yoga trop intense ; d’ailleurs j’ai une liste de questions idiotes sans fin à poser à Madame-Hope) mais confiante. Je n’angoisse pas au moindre tiraillement dans mon ventre (seul symptôme à l’heure actuelle) (avec la tendance à pleurer pour pas grand-chose) ou lorsque je vais au toilettes. Je pense que le fait de n’avoir jamais connu la moindre grossesse, donc pas le moindre risque de FC ou autres merdes de ce style joue énormément sur mon état d’esprit. Je sais que ces choses arrivent, mon cerveau connait tout ça. Mais je ne les ai pas vécues, et ça rend tout très différent. Ca me donne une sorte de naïveté assez agréable. Hier on m’a demandé trois mots pour qualifier comment je me sentais en ce moment. J’ai répondu : « Sereine. Optimiste. Et … un mot qui voudrait dire que je vis au jour le jour, genre carpe diem. » Bah voilà, c’est ça.


Tout ça, c’est ce que j’avais prévu d’écrire. Mais aujourd’hui le résultat de ma prise de sang est « seulement » de 621 Ul/l. Et je fais beaucoup moins la maline.

23 septembre – FIV DO in process (REPROFIT)

Hier La Poule m’a écrit : « Protège-toi, protège cette petite vie au creux de ton ventre. Ne pense pas aux autres, à ce qu’ils peuvent penser, même si c’est difficile. Pense à toi, à vous, et fais tout ce que tu penses être bon car tu auras forcément raison. » Je ne me doutais pas que ses mots trouveraient un sens très concret à peine une heure plus tard. Par la même occasion, je pense avoir aussi entraperçu comment les hormones peuvent faire vriller une meuf en un quart de seconde …


J’avais dit que j’écrirais un article par jour en septembre. J’ai fait ça avec plaisir pendant trois semaines, mais aujourd’hui je ne sais pas si j’en ai encore envie. Parce que – toute perchée que j’étais dans ma bulle de zénitude – j’ai pris en pleine face que … Bah le monde c’est pas les Bisounours quoi ! Bah oui pauvre niaise, tu croyais quoi ?! Le bonheur des uns ne réjouit pas forcément les autres. Ce que je comprends parfaitement : combien de fois ai-je eu envie de pleurer ou de hurler à l’injustice en lisant les bonnes nouvelles de celles qui débutaient une grossesse ?

Il n’empêche que ce n’est pas parce que je comprends que j’ai envie d’y faire face. Mais me dévoiler ici, c’est forcément m’exposer à « ça ». Et là tout de suite, je ne veux pas. Je préfère rester dans ma bulle zen avec mon petit secret (en croisant les doigts très fort pour qu’il s’accroche).

Bref : un article par jour c’est terminé. Mais je vous dis à très vite. 🙂

Ps : ce que je raconte là de façon un peu floue ne concerne aucunement toutes les adorables personnes qui m’ont laissé des messages ces derniers jours (ni celles qui me propose du PROGIRON gratos ; cette générosité me troue le cul touche énormément). ❤

22 septembre – FIV DO in process (REPROFIT)

J’hallucine devant la déferlante de commentaires et toutes ces lectrices habituellement en sous-marin qui pointent le bout de leur nez. Merci infiniment pour vos mots, vos émotions et pour votre soutien. ❤ Évidemment j’ai une pensée toute particulière pour celles qui ne pourront / voudront plus passer par ici. J’ai été des dizaines de fois dans votre cas depuis que je lis des blogs PMA, alors je ne peux que comprendre. Pire : je lisais souvent encore un peu, juste pour voir comment se passaient les premiers jours et les premières semaines (il y a un côté très glauque à ça, genre « est-ce que ça va foirer »). Et puis quand je constatais que tout roulait, je me désabonnais parce que ce bonheur m’était trop difficile à lire.


Hier nous étions en train de déjeuner (télétravail pour tous les deux) lorsque l’interphone à sonner. C’était un voisin qui avait un colis pour nous. Lucien est descendu le récupérer et pendant ce temps j’ai jeté un coup d’oeil à mes mails. Quand il est revenu, je lui ai dit : « J’ai les résultats. » Il s’est collé à côté de moi dans le canapé et j’ai tout fait depuis mon iPhone. Comme c’était la première fois que j’allais dans ce laboratoire, j’ai dû créer mes identifiants et compagnie. Bref : le moment le plus long du monde ! ^^ Et puis ce PDF s’est affiché, avec ces trois chiffres. Lucien a été tellement ému … Moi j’étais sous le choc, option tremblements et palpitations. Une (courte) nuit plus tard, je n’arrive d’ailleurs toujours pas vraiment à réaliser.

J’ai mailé Madame-Hope, en mode « help-j’ai-un-taux-c’est-la-première-fois-on-fait-quoi-maintenant ». La réponse ne s’est pas fait pas attendre : « Prochain contrôle sanguin dans 48h et un 3ème 48h après. Nous ferons le point vendredi en fonction de l’évolution des beta-HCG. »

Dans la journée, j’ai mis au courant ceux qui suivent de près notre parcours PMA. Évidemment ils me voient déjà tous à la maternité dans 9 mois ! Pour ma famille, on fait comme pour la seconde greffe de moelle osseuse de mon père : pour le moment ça se présente bien mais on ne s’emballe pas. « On ne s’emballe pas. » Ça va être le mot d’ordre pendant un moment je pense.


Étrangement, même si je sais le nombre incalculable de trucs qui peuvent foirer durant cette période si fragile de tout début de grossesse (« grossesse » putain, c’est ouf), je suis plutôt zen. Après le gros coup de bad before les résultats de la PDS, ma bulle de zénitude est revenue. J’ai pigé que – pour le moment – je ne pouvais pas interpréter les signes de mon corps (blindé d’hormones artificielles) donc j’allais juste lui faire confiance, à lui ainsi qu’à tous mes médicaments. La seule chose que je puisse faire, c’est la jouer « slow life » option méditation à gogo et yoga doux.


Je me pose pas mal de questions (sûrement prématurées) sur ce que je vais faire avec le boulot. Entre le Covid et les deux heures de transports en commun quotidiennes … J’ai toujours songé que je voulais la grossesse la plus « normale » possible, mais maintenant qu’il y a quelque chose de concret (et de si précieux) je ne sais plus. Connaissant Madame-Hope, ce n’est pas elle qui me conseillera d’arrêter de travailler ; elle est plutôt du genre « marche ou crève ». Il y a mon psychiatre (que je vois demain) et ma généraliste (en parcours PMA elle aussi) sur qui je peux compter. Le boulot nous fait « généreusement » bénéficier de deux jours de télétravail par semaine jusqu’à fin 2020 et je me vois mal en gratter plus. Sauf peut-être si j’apitoie la médecine du travail à grands coups de courrier de tous mes médecins.

Ps : encore un truc sans doute trop précoce mais bon … C’est quoi LE livre de base à conseiller à une meuf qui est enceinte pour la première fois de sa vie ? 🙂

21 septembre – 13 DPO (merci Carotte) – FIV DO in process (REPROFIT)

6 heures 30. Le réveil me tire brutalement du lit. Le plan : une douche puis je file au laboratoire de ma ville pour y être avant l’ouverture. Mais quelque chose ne va pas : depuis deux jours j’ai hyper chaud la nuit. C’est chez moi LE signe typique du syndrome prémenstruel. Je réalise ça en me brossant les dents, la tête encore à moitié dans le cul. Et à ce moment, je comprends que tout est déjà foutu. Je pars au labo la mort dans l’âme, certaine du résultat. Il y a sept personnes qui poireautent (sept, comme le nombre de blastos qu’il me reste en RT). Une heure plus tard je rentre chez moi, au bord des larmes. Je parle à Lucien qui essaye vainement de me rassurer : « Moi aussi j’ai eu chaud cette nuit. » Je lui réponds entre deux reniflements : « Ah ouai, tu vas avoir tes règles toi aussi ? »

J’aurai les résultats en fin de journée. C’est loin. J’avale un LYSANXIA à 8 heures 30. Je veux dormir le plus longtemps possible et me couper du monde jusqu’à ce que la sentence tombe. #DramaQueen

20 septembre – FIV DO in process (REPROFIT)

Je vois la situation sanitaire se dégrader en France (en une semaine près de plus de 50% de nouvelles hospitalisations et admissions en réanimation ; 13 000 nouveaux cas en 24 heures). Je lis les nanas du forum paniquer (à raison visiblement : www.courrierinternational.com/une/zone-rouge-la-republique-tcheque-nest-plus-epargnee-par-le-covid-19). Ça me rappelle un souvenir pas si lointain …


Par ailleurs, je discutais avec Madame-Hope la dernière fois (alors qu’elle avait sa sonde d’écho dans ma cha***) : je trouve ça aberrant de faire une FIV à l’étranger sans un suivi médical « sérieux » en France. Je vois parfois les nanas se poser des questions importantes sur leurs traitements sans aucun autre contact que la coordinatrice (qui ne répond pas forcément dans l’heure). Selon Madame-Hope c’est juste « totalement hypocrite » de la part du système de santé français d’autoriser des soins à l’étranger alors que les médecins qui acceptent de suivre ces patientes en France sont rares.


Fin du suspense : je fais la prise de sang demain (lundi matin) (au lieu de mardi comme inscrit sur l’ordonnance de Madame-Hope) (et Lucien est au courant). J’ai des sortes de mini vertiges depuis deux jours. Évidemment j’ai Googlé et suis tombée sur cette phrase hilarante : « Au début du premier trimestre, vous pouvez être prise de vertiges et avoir la nausée car votre tension est basse. En effet, la progestérone produite par votre organisme décontracte la paroi des vaisseaux sanguins et provoque une chute de votre tension artérielle. » Vu les doses de progestérone que j’avale – 4 ovules + 1 injection par jour – je me dis que si c’est « juste ça », autant arrêter le massacre tout de suite. Et puis du coup je m’interroge : je suis sous cycle substitué / artificiel, est-ce que mon éventuel embryon secrète lui-même de la progestérone ? A priori c’est normalement le rôle du corps jaune, truc qui n’existe pas / plus en FIV. Mon corps produit-il de la progestérone lui-même d’une autre façon ? Bref : je commence à psychoter donc il est temps de mettre fin à mon doux déni !

J’ai si peur. Je la sens pas du tout cette PDS.

Si tu es enceinte et à tendance angoissée, passe ton chemin ! [mis à jour le 18/09]

J’aurai prévenu hein ! ^^

Loin de moi l’idée de vouloir faire paniquer qui que ce soit. Mais – déformation professionnelle oblige – je baigne dans le Covid-19 depuis le début de la pandémie. Alors quand ce terme est associé aux mots « PMA » et / ou « grossesse », forcément – à titre perso – ça m’intéresse davantage.

J’entends énormément de gens – très zen et sans aucune formation médicale spécifique – dire : « Non non, il n’y a pas de quoi s’inquiéter, il n’y a aucun impact sur la grossesse ou le bébé. » Ce à quoi je réponds invariablement : « Pour le moment nous n’avons aucun recul sur ce sujet. »

Bref : je vous laisse lire (ou pas) ce qui suit.


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