Projet de naissance ?

Les premières fois que j’ai entendu ce terme, j’ai songé : « Oula moi je veux juste qu’on sorte mon bébé en bonne santé, ça s’arrête là mon projet. » J’avais l’image de la chieuse qui débarque en brandissant son papier en mode : « Je veux ça, ça et ça. Mais surtout pas ça ! » Les semaines et les mois ont passé. La date d’accouchement approche tranquillement. Forcément ma mentalité n’est plus la même qu’au début de cette grossesse … Alors la question se pose à nouveau.

La maternité dans laquelle je suis inscrite est « reconnue pour la qualité de l’accompagnement des projets de naissance personnalisés notamment quand un accouchement peu médicalisé est souhaité par les parturientes » avec notamment le « respect de vos choix et positions d’accouchement et de votre projet de naissance ». A priori ils sont donc habitués aux chieuses ! ^^

J’ai bien conscience du gouffre qu’il peut y avoir entre mes désirs et la réalité du jour J (cf. les années et échecs en PMA qui ont bien ancré l’idée que rien ne se passe jamais comme prévu). Mais, après un parcours très médicalisé, j’ai envie de quelque chose de plus naturel.

Je m’adresse donc à toutes les PMettes devenues mères : comment avez-vous abordé l’accouchement ? Projet de naissance ou pas ? Classique ou physiologique ? N’hésitez pas à partager vos expériences, ici ou plus intimement sur lucienne.leblog@gmail.com ! 🙂

32 SA : l’échographie du 3ème trimestre

Il y a eu la première échographie officielle, la seconde avec le gros con et puis la troisième ce matin.

C’était aussi la dernière fois que je voyais cette gynéco qui me suit depuis le tout début. Petit pincement au coeur à la fin du rendez-vous. Cette femme m’a accompagnée depuis octobre 2020 dans cette aventure de la grossesse. Pour elle je suis une patiente parmi d’autres, mais pour moi elle a été un pilier important. Sa douceur m’a rassurée, et chaque mois elle m’a annoncé des bonnes nouvelles : « Tout va bien, tout est normal. » Je ne suis toujours pas habituée à être du bon côté des statistiques, celui où tout se passe normalement bien. Mais à chaque fois je mesure ma chance.

Je me suis rendue à l’échographie avec Lucien et plutôt sereine (merci les coups de petits pieds tout au long du trajet en voiture). Nous en sommes ressortis une heure plus tard, encore plus détendus. Tout est normal, tout va bien, tous les voyants sont au vert, tout est parfait. Sentiment de gratitude indescriptible.

Next step : la maternité. Je n’y suis pas allée depuis le rendez-vous d’inscription. De nouvelles têtes, une autre façon de fonctionner, des repères à retrouver … Et dans deux mois, le début d’une nouvelle vie. Je suis bien obligée d’admettre que le temps passe vite (même si je partageais moyennement cet avis quand je passais mon temps la tête au-dessus des WC).

Une grosse pensée pour celles qui attendent et celles qui sont sorties de PMA sans bébé … Je réalise que faire partie de cette team de galériennes durant plusieurs années m’a transformée en profondeur et sur de nombreux plans. La Lucienne des premiers « essais bébé » – qui n’existait d’ailleurs même pas à l’époque – n’a plus rien à voir avec celle d’aujourd’hui. Et j’ai hâte de découvrir comment elle évoluera encore en tant que « Maman ». 🙂

Mon ex voisine de parking … Le retour !

[Spoiler alert : overdose de Bisounours good vibes ici.]

Vous souvenez-vous de ça ? Depuis je sais qu’elle a accouché de leur troisième enfant, mais je n’ai jamais eu l’occasion de la recroiser ou la saluer.

Et puis hier dans ma boite aux lettres, il y avait ceci :

Je trouve ça tellement gentil !

Tu donnes, tu reçois.

J’aime bien cette idée un peu karmique. Toute simple, basique et qui se révèle très souvent vraie.

Il y a deux ans, j’ai donné ma moelle osseuse. Pas de façon anonyme, puisque j’ai fait ce don pour mon père. C’était une période de gros chamboulements émotionnels. J’ai supprimé tout mon précédent blog, alors impossible de remettre des mots précis sur ces moments. Je me souviens de l’arrêt homemade des antidépresseurs (fausse bonne idée), du stage de jeûne (fausse bonne idée again) écourté précipitamment (vraie bonne idée), et puis pile à ce moment l’appel de l’hôpital Saint-Louis. L’hésitation de mon père : était-il prêt à remettre ça si soudainement et à peine quelques mois après l’échec de la première greffe ? Le traitement pour moi, digne d’une FIV. L’incertitude puis les bonnes nouvelles au fur et à mesure des jours et des semaines qui ont suivis.

Deux ans plus tard, mon père est vivant grâce à ma moelle osseuse. Deux ans plus tard, je suis enceinte grâce à une jeune femme de 25 ans qui a donné ses ovocytes. Contre rémunération, certes. Mais elle a donné. J’aurais tant à lui dire ou lui écrire … À commencer par un grand merci, évidemment.

Dans quelques jours j’entame mon huitième mois de grossesse, et on dirait que j’ai mangé un Bisounours doublé d’un bouddha. 🙂